Entretien avec… Laurent Bliaut, directeur du Marketing et des Etudes de TF1 Publicité

TF1 publicité organisait cette semaine une conférence intitulée «TV+Internet: pas d’idées reçues». Rencontre avec Laurent Bliaut, directeur du Marketing et des Etudes, qui veut en finir avec les préjugés et présenter les avantages de l’utilisation conjointe des deux médias en publicité.

média + : Quelles sont les idées reçues ?

Laurent Bliaut : La principale qui existe est que l’essor d’Internet «cannibalise» la télévision. Or, le taux d’équipement en écrans plats des foyers est de 24% en septembre 2007, soit une progression de 51% par rapport à l’année passée et les téléviseurs Haute Définition ont un taux d’équipement de 14%, soit hausse de 86% par rapport en 2006. Cela montre l’appétence du public pour consommer des produits audiovisuels de la façon la plus confortable possible. De l’autre côté, l’ordinateur a atteint 58% de taux d’équipement dans les foyers, l’accès à Internet à domicile est à 47%. Cela augmente des deux côtés. Sur la consommation, la durée d’écoute de la télévision en 2007 se situe à 3h27 sur les individus de «4 ans et +», soit 3′ de plus par rapport à l’année dernière. Sur Internet, la consommation atteint 20′ par jour sur les «2 ans et +», 1’35 de plus par rapport à 2006.

média + : Selon vous, le système de VOD est il en train de nuire à la télévision ?

Laurent Bliaut : Non. Le public a envie de consommer de plus en plus les images en mouvement et le son. De fait, le numérique démultiplie les possibilités de consommer ces contenus: la télé, l’ordinateur, le téléphone… Ce sont des additions de consommation qui génèrent à la fois l’augmentation du budget temps des consommateurs pour l’image et le son, mais aussi, avec l’avènement de la télévision mobile fin 2008, de nouveaux moments et de nouveaux endroits de consommation. C’est une bonne nouvelle pour nous car TF1 est un groupe d’édition de contenus audiovisuels. Par conséquent, quand on travaille sur un programme, on réfléchit systématiquement sur son rayonnement dans des canaux pertinents (télévision, Internet, mobiles, podcast).

média + : Expliquez-nous en quoi Internet et la télévision sont complémentaires ?

Laurent Bliaut : La complémentarité se situe vraiment à tous les points de vue. Il y a une complémentarité de profils d’audience puisqu’Internet, même si cela tend à se diminuer, touche plus les hommes, les «CSP+», les «15-24 ans» alors que la télé touche plus les femmes et les «35-60 ans». Ensuite, il y a complémentarité de moment: le pic de la consommation de la télé se situe entre 19h00 et 23h00 alors que celui d’Internet est réalisé au bureau dans la journée. Enfin, il y a une complémentarité de perception des médias par le public qui ne lui attribue pas les mêmes qualités. Il situe la télé dans un registre spectaculaire, émotionnel, référent statutaire alors qu’Internet se place dans le rationnel, la proximité, le communautaire, l’interactif. Donc, les consommateurs n’en attendent pas la même chose: quand ils disent qu’Internet est interactif, cela signifie qu’ils ont un comportement actif et qu’ils peuvent s’approprier les choses. Pour autant, ils ne trouvent pas dévalorisant de rester passifs devant la télé.

média + : Quel avenir présagez- vous de cette complémentarité ?

Laurent Bliaut : L’avenir est très bon. La combinaison est idéale : ce sont deux outils essentiels qu’il faut avoir quand vous êtes une marque. Herbert Marshall MacLuhan (ndlr : théoricien de la communication) a dit : «Medium is the message», c’est-à-dire que le média n’est pas un véhicule neutre du contenu.

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