A l’occasion du Festival de Luchon, Vera Peltekian, chef de projet fiction chez Canal+, dresse pour media+ un état des lieux de la fiction en France.
média+ : Quel a été l’intérêt pour vous d’être présent au Festival de Luchon?
Véra Peltekian : Nous sommes présents pour deux raisons: il y a quelques années Canal+ partait à la rencontre de tous les abonnés, aujourd’hui c’est plus difficile. Donc nous profitons de ce festival pour retrouver le public. La deuxième est que chacun travaille dans son coin, les chaînes sont concurrentes et je pense qu’il est important que tout le monde se rencontre.
média+ : Quel regard portez-vous sur la fiction aujourd’hui?
Véra Peltekian : Je n’ai pas un regard précis mais en tout cas ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui nous sommes beaucoup plus forts dans les unitaires que dans les séries, la marge de progression est assez importante. Le grand enjeu des années à venir est de faire de bonnes séries.
média+ : Y a-t-il une fiction qui vous aie plus marqué cette année?
Véra Peltekian : «Les préadateurs» [ndlr: diffusé le 15 octobre 2007 sur Canal+], sur l’affaire Elf. Indépendemment du casting, des acteurs, je pense que l’originalté de cette fiction a été d’avoir pu parler d’une affaire très compliquée sans en dénaturer la moindre ligne. Les acteurs incarnaient de vrais personnages, il y avait un véritable rapport au réel. La fiction a un espace que le cinéma n’ a pas.
média+ : Avez-vous un regard optimiste sur la fiction?
Véra Peltekian : Les Français sont demandeurs de fictions. Ils veulent voyager dans différents univers. Ils aiment qu’on leur raconte des histoires. Je pense donc que la fiction a un avenir certain à la télévision. Il faudra juste que nous, Français, sachions nous adapter aux nouvelles exigences des téléspectateurs.
média+ : La web-fiction est un enjeu important. Qu’en pensez-vous?
Véra Peltekian : Il s’agit d’un enjeu pour les prochaines années, mais pas pour tout de suite. C’est encore très neuf tout ça, j’attends de voir comment les choses évolueront à l’avenir. Si on a du talent on a pas besoin du web pour se faire connaître, les chaînes de télévision ou encore les producteurs sont assez accessibles.




































