Facebook fait l’objet d’une enquête à New York

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Facebook faisait face jeudi à un
nouveau front juridique: un régulateur
new-yorkais a ouvert une enquête
sur la façon dont le réseau social a
récupéré des données personnelles
sensibles d’une dizaine d’applications
pour smartphone, a indiqué une source
proche du dossier. Le régulateur des
services financiers de l’Etat de New
York (DFS), connu pour infliger des
amendes importantes aux grandes
banques, a adressé mercredi un
courrier à Mark Zuckerberg, a dit
cette source sous couvert d’anonymat.
Interrogé, Facebook a confirmé
«avoir reçu la lettre du DFS et être
actuellement en train de l’examiner».
L’autorité demande à Facebook de
lui fournir les noms de toutes les
applications lui ayant envoyé les
données de leurs utilisateurs lors des
trois dernières années. Elle exige
également que Facebook lui fournisse
la nature de ces informations et une
liste des habitants de New York dont
les données personnelles lui ont été
communiquées à leur insu, a encore
dit la source. Le DFS a également
demandé aux applications concernées
de communiquer les commissions et
autres sommes versées ou reçues de
Facebook en échange de leurs services.
Facebook et ces développeurs ont
jusqu’au 15 mars pour répondre aux
demandes du régulateur, a ajouté la
source, confirmant des informations
du Wall Street Journal. Contacté, le
DFS s’est refusé à tout commentaire.
Interdit : Vendredi dernier, le
même Wall Street Journal (WSJ)
avait révélé que Facebook avait
récupéré en toute opacité des données
personnelles sensibles et intimes,
comme des informations relatives à
la santé, venues d’autres applications.
Certaines applications sur smartphone
utilisent un outil d’analyse appelé App
Events, mis au point par Facebook. Cet
outil capte des données et les envoie
à l’entreprise de Mark Zuckerberg
pour que les publicités soient mieux
ciblées, selon le Wall Street Journal.
Pour cela, il n’y a même pas besoin que
l’usager de l’application ait un compte
Facebook, ou, s’il en a un, qu’il se soit
connecté à l’application tierce via son
compte Facebook, affirme le journal
qui a identifié ces pratiques pour une
dizaine d’applications «populaires».
Parmi ces données collectées figurent
des infos très sensibles, poursuit
le WSJ, citant l’exemple d’une
application qui sert à surveiller ses
périodes d’ovulation et dans laquelle
l’utilisatrice rentre les dates de ses
cycles menstruels. Base du modèle
économique de Facebook ou Google,
les données personnelles sont aspirées
et moulinées par ces entreprises, via
des petits logiciels d’analyse. Sur le
fond de l’affaire, Facebook a réitéré
jeudi ce qu’il avait dit la semaine
dernière, affirmant qu’il est courant
pour les développeurs d’applications
«de partager des informations avec
un large éventail de plateformes
de publicités ou d’analyses» et
qu’il interdit aux développeurs de
lui transmettre toute information
sensible. «Pour être clair, l’article
(du WSJ) s’intéressait à la façon
dont les autres applications utilisent
les données personnelles pour
créer des publicités (diffusées sur)
Facebook», a ajouté une porte-parole.
Concrètement, toutes les applications
moulinent des données personnelles,
qui sont ensuite utilisées pour cibler
les publicités vers certains usagers
de Facebook (usagers habitant à tel
endroit, avec tels goûts alimentaires,
aimant les voyages etc…). Facebook,
qui compte 2,3 milliards d’usagers
actifs, est cloué au pilori depuis près
d’un an pour sa gestion, jugée pour le
moins opaque voire trompeuse, des
données personnelles de ses usagers.