Le Sunny Side of the Doc prépare son retour en 2026 avec un format repensé et une ambition renouvelée. Entre mobilisation de la filière, réorganisation interne et nouveaux équilibres économiques, l’événement entend réaffirmer son rôle central sur le marché international du documentaire. L’occasion pour media+ d’évoquer ces enjeux avec Aurélie REMAN, Directrice générale de Sunny Side of the Doc.
media+ Sunny Side of the Doc sera de retour en 2026. Que s’est-il passé ces derniers mois ?
Aurélie REMAN L’annonce de l’annulation de l’édition 2026, le 5 décembre dernier, a agi comme un véritable électrochoc. Elle a suscité une prise de conscience collective : il était difficilement envisageable d’imaginer une année sans Sunny Side of the Doc. Nous avons ainsi assisté à une forte mobilisation de l’ensemble des acteurs de la profession. Nous avons également été accompagnés par le CNC dans nos réflexions. Par ailleurs, un partenariat stratégique a été noué avec Documentary Campus, qui nous a permis de travailler sur des enjeux de ressources humaines et de capacité opérationnelle. Dans ce contexte, nous avons pu concevoir une édition 2026 repensée sur trois jours, co-construite avec nos partenaires et au plus près des attentes du marché.
media+ Quelle est la tendance de l’édition 2026 de Sunny Side of the Doc ?
Aurélie REMAN En raison du contexte, nous avons disposé de cinq mois de préparation, contre une dizaine habituellement. Notre ambition est forte : être dans le concret et au plus près des mutations du secteur, afin de réaffirmer notre rôle de marché de référence pour le documentaire. L’enjeu est d’identifier des solutions pour sortir d’une période marquée par l’incertitude pour le genre documentaire. Le programme s’annonce déjà très riche et au plus près des préoccupations des acteurs du secteur.
media+ Quels sont les premiers indicateurs ?
Aurélie REMAN L’une de nos priorités a été de remobiliser les exposants, malgré des contraintes de timing importantes. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer avec confiance que la majorité d’entre eux ont renouvelé leur participation. Nous avons également réussi à attirer de nouveaux exposants et à imaginer de nouveaux espaces. Les indicateurs liés aux accréditations sont également bien orientés, ce qui confirme une dynamique positive autour de cette édition.
media+ Comment évolue le budget ?
Aurélie REMAN En termes de coûts de production, passer d’un événement de quatre jours à trois jours ne génère pas nécessairement des économies significatives. Le budget s’établit à 1,5 million d’euros, soit une baisse de 10 à 15% par rapport à l’an dernier. Historiquement, ce budget reposait sur un équilibre en trois tiers : subventions publiques, partenariats et recettes commerciales. Aujourd’hui, cet équilibre évolue : 32% de subventions publiques, 10% de partenariats industriels et 58% de recettes commerciales.
media+ Le Sunny Side of the Doc reviendra-t-il en 2027 ?
Aurélie REMAN Il est impossible de ne pas s’y projeter. La question de la gouvernance est centrale pour donner à l’événement, et plus largement au genre documentaire, un véritable poids politique. Il y a une forme d’urgence à faire en sorte que le documentaire ne soit plus considéré comme un sous-genre de la création audiovisuelle, mais comme un pilier à part entière du secteur.

































