Arte a présenté la semaine dernière plusieurs de ses nouvelles fictions au Festival de la Fiction TV de La Rochelle, soit deux films en compétition, «Almasty, la dernière expédition» et «Une Femme à abattre», ainsi qu’un hors compétition, «La Journée de la jupe». L’occasion pour média+ de rencontrer son Directeur de l’Unité de Programmes Fiction, François Sauvagnargues.
média+ : Quelle place occupe la fiction sur Arte ?
François Sauvagnargues : La fiction est vraiment un domaine dans lequel Arte se sent à l’aise. Nous avons un budget de 21 millions d’euros pour ce genre. Le fait d’avoir deux films en compétition, «Almasty, la dernière expédition» et «Une Femme à abattre», au Festival de La Rochelle est bien significatif de nos ambitions: le divertissement et la réflexion. En effet, nous nous engageons à travers nos fictions. «Une femme à abattre», un téléfilm que nous avons présenté hors compétition par exemple s’inspire de l’assassinat d’Anna Politkovskaïa et recréé le climat incertain qui règne en Russie. Pour nous, la fiction peut traiter des enjeux actuels.
média+ : Le renouveau de la fiction passe t-elle par le réel ?
François Sauvagnargues : On peut concevoir la fiction comme totalement imaginaire, ahurissante et déconnectée du réel. Mais pour nous, même s’il peut nous arriver de faire des fictions au sens littéral du mot, celle-ci peut aider à comprendre les enjeux du réel tout en créant pour ce faire, des personnages de fiction. C’est une façon de décrypter l’actualité. C’est un goût personnel pour ce genre de fiction qu’on peut également retrouver dans un certain nombre de pays (Danemark, Israël).
média+ : Pour quelles raisons ne retrouve-t-on pas dans votre grille des fictions policières, si répandues sur les autres chaînes ?
François Sauvagnargues : Les flics, non. Les autres le font. Alors pour quelles raisons nous nous y mettrions ? On essaye de trouver des sujets que les autres ne font pas. C’est la singularité d’Arte. Nous avons un bouquet d’offre fictionnelle qui est large. La ligne de la chaîne est complémentaire des autres chaînes. Et c’est d’ailleurs bien souvent notre principal reproche: d’être parfois trop pointu et trop ennuyeux! Mais c’est notre rôle que de montrer des choses que les autres ne font pas. C’est le risque que je prends: emmener la chaîne où on ne l’attend pas.
média+ : Quelles sont vos nouveautés à venir en matière de fiction ?
François Sauvagnargues : Nous avons huit projets en cours. Je peux déjà vous parler de quatre nouvelles séries: «Vénus», que nous sommes en train de tourner (8×50) et qui sera certainement diffusée début 2009, «Invincibles», «Fortune» (inspirée d’un film unitaire qui a servi de pilote) et «Xadagou», une série qui traite d’une famille qui travaille dans le milieu du «X». Cette série sera beaucoup plus hard que «Hard», la série de Canal+, plus dramatique, plus forte. Nous voulons renouveler nos lignes éditoriales dans nos fictions. Nous voulons attirer un public plus large.
média+ : Quel sera votre principal cheval de bataille pour 2009 ?
François Sauvagnargues : Les premières parties de soirées. Avec les bouleversements du premier semestre 2009, il va falloir repenser les primes. Il faut vraiment faire en sorte que nos programmes bénéficient d’un maximum de visibilité. Nous n’avons pas encore tranché sur un éventuel changement d’horaire, mais il est possible que nous commencions à 20h30, soit un quart d’heure après le prime en Allemagne. Nous allons devoir uniformiser l’ensemble de nos grilles, françaises comme allemandes. D’autre part, avec une moyenne de 5% de pda pour la fiction sur la chaîne, j’espère pouvoir au moins égaler ces résultats en 2009. Et pourquoi pas des pointes à 12% pour certains primes, compte tenu de la qualité et des retours que nous avons eu sur les nouvelles fictions que nous avons produites.


































