J. FARE (Scarlett Production) : «Les plateformes privilégient les projets lorsqu’un pilote est déjà écrit»

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La série «Les Sauvages» (6X52’) sur CANAL+ fait quasiment l’unanimité. Que retenez-vous de cette production ? 

Joëy FARE

C’est une aventure artistiquement très enrichissante. La série a exigé des moyens spéciaux particulièrement importants. Le budget alloué (9 M€, ndlr) n’est pas si élevé au regard de tout ce que l’on voit à l’image : des décors au casting, de la post-production à la bande-originale. «Les Sauvages» (6X52’) est une coproduction entre Scarlett Production et CPB Films (Marco Cherqui) qui s’est occupé de la partie exécutive. Sur l’artistique, nous étions dans un dialogue permanent. Il faut dire que l’on se connaît bien puisque nous avions collaboré sur «Kaboul Kitchen» (CANAL+) pendant 3 saisons. Dans l’intervalle, nous avions coproduit la série «Clash» pour France 2

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Quel est le plus contraignant dans l’adaptation d’un roman en série ?

Joëy FARE

On dit toujours qu’une bonne adaptation consiste à être fidèle à la nature du projet tout en réussissant à bien le trahir. Sur «Les Sauvages», nous avons collaboré avec Sabri Louatah, l’auteur du roman éponyme. Nous avions donc un garde-fou permanent. Il n’y avait pas de débordement incongru possible, sachant qu’il était le garant de son texte.

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Scarlett Production a rejoint Mediawan. Qu’est-ce qui vous a poussé à rejoindre la structure ?

Joëy FARE

Bien avant que le groupe Mediawan ne se constitue, c’est Matthieu Viala (à travers le groupe Makever) qui avait le désir de faire des choses avec nous, dans une continuité intelligente et sensible. Suite au rachat de Makever par Mediawan, on nous apporte un confort de développement. Il y une structure économique, juridique, comptable qui permet de nous délester de ces départements. Cela nous donne de la latitude et une plus grande liberté pour nous concentrer sur l’artistique.

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Vous développez une fiction avec France 2. De quoi s’agit-il ?

Joëy FARE

J’ai signé avec France 2 un unitaire de 90’ sur un fait de société assez préoccupant : la banalisation de la prostitution chez les ados. C’est un projet très fort, joliment écrit par deux scénaristes brillantes qui se sont appuyées sur une documentation très poussée. On espère tourner en début d’année.

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Avez-vous d’autres projets en gestation ?

Joëy FARE

Je développe avec les auteurs de «Kaboul Kitchen», Allan Mauduit et Jean-Patrick Benes, une série historique en coproduction avec Carré Production. Cela s’appelle pour l’instant «Bad Musketeers». Cela se passe au 17ème siècle, avec des Mousquetaires revus et corrigés. Le pilote est écrit et nous avons plusieurs offres à la fois de chaînes et de plateformes. Autre projet, la série «Un flic en prison», écrite par l’écrivain Doa. Nous les développons seuls.

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C’est assez rare de voir un producteur développer un pilote sans l’aide d’un diffuseur…

Joëy FARE

Si on veut viser les plateformes, elles sont beaucoup plus preneuses s’il y a un pilote écrit. C’est un investissement lourd pour un producteur mais c’est la meilleure façon de convaincre.

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Des vues sur l’international ?

Joëy FARE

J’ai un projet à l’international avec Dan Franck sur l’Orchestre rouge, le service d’espionnage de la Seconde Guerre Mondiale. Nous sommes en stade de l’arche et de la Bible. France 2 pourrait être interessé. Ils attentent un document pour savoir s’ils s’engagent.