J.P. FOUCAULT : «Je me reconnais assez peu dans la TV d’aujourd’hui»

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Icône de la télévision française, animateur des plus populaires, Jean-Pierre Foucault revient sur 50 ans de carrière dans le cadre d’une semaine spéciale (du 23 au 29 novembre) que lui consacre Melody. A cette occasion, il nous partage son regard sur la télévision d’aujourd’hui.

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Quel regard portez-vous sur vos 50 ans de carrière ?

Jean-Pierre Foucault

J’ai eu beaucoup de chance ! Premièrement, parce que je fais le métier que je rêvais de faire étant gamin. J’ai été heureux de distraire pendant 50 ans, celles et ceux qui nous faisaient confiance. Deuxièmement, j’ai eu l’opportunité de faire des rencontres. On ne peut pas rester terré chez soi en s’apitoyant sur son sort. Il faut provoquer la chance et ça m’a permis de durer. J’ai d’abord remporté un concours d’animateur en 1966 à la radio. Puis un autre à la télévision que Guy Lux avait organisé en 1975. Je fais un métier qui donne l’illusion de la facilité. Mais derrière, il y a beaucoup de travail.

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Parmi les autres rencontres importantes, il y a le producteur Gérard Louvin…

Jean-Pierre Foucault

Oui, je l’ai connu à «L’Académie des 9». Il accompagnait Michel Leeb en tant qu’agent et impresario. Et puis, en 1987, quand Etienne Mougeotte, le patron des programmes de TF1, m’engage (au départ pour présenter «Le Juste Prix» et «La Une est à vous» comme indiqué sur mon contrat) je croise Gérard Louvin dans les locaux provisoires de la chaîne à proximité de Montparnasse. C’est à ce moment-là que le patron de TF1 nous lance : «essayez de faire quelque chose tous les deux!». Je suis donc parti à Biarritz pour faire une cure. Gérard m’accompagne et c’est là que nous inventons, devant un jus de carottes, en juin 1987, «Sacrée Soirée». La première émission s’est tenue le 2 septembre et ça a duré un septennat.

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Pourrait-on refaire un «Sacrée Soirée» à notre époque ?

Jean-Pierre Foucault

Non, parce que l’époque a changé. On ne refait pas ce qui a fonctionné. De plus, le public fera toujours référence au passé. Vous connaissez l’expression «C’était mieux avant». Ne prenons pas le risque. L’arrêt de «Sacrée Soirée» est également lié à la protection des artistes à cause du marketing. Certains ne voulaient pas jouer le jeu, interpréter leur premier tube, etc. Ils ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis. Une émission comme «The Voice», qui s’inscrit dans la continuité, a peut-être vu le jour parce que des talents déjà connus étaient moins disponibles.

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D’autant qu’on ne peut plus tout dire à la TV…

Jean-Pierre Foucault

C’est exact ! Coluche, Guy Bedos et Michel Leeb ne pourraient pas dire autant de choses qu’à l’époque. Avec les réseaux, chacun s’érige en juge et croit détenir la vérité. C’est terrible, notamment quand on se cache derrière l’anonymat. Les gens donnent un avis sur des sujets qu’ils ne connaissent pas. C’est dangereux.

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Vous reconnaissez-vous dans la TV d’aujourd’hui ?

Jean-Pierre Foucault

Très peu ! Quand je regarde la télévision, je n’ai pas de regret. Je ne me verrais pas à la place de mes collègues. En revanche, je suis un bon téléspectateur.

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Pourquoi avez-vous conservé la présentation de «Miss France» ?

Jean-Pierre Foucault

Parce que c’est toujours agréable de présenter le plus grand show de l’année en direct. C’est une émission qui réalise des audiences incompréhensibles à notre époque. Cette année, la cérémonie se tient à Marseille. TF1 n’aura donc pas à me payer de chambre d’hôtel. Je rentrerai dormir chez moi !