Julia KUPERBERG (Wichita Films) : « Nous souhaitons léguer l’ensemble de nos archives à l’Académie des Oscars »

Julia KUPERBERG (Wichita Films) : « Nous souhaitons léguer l’ensemble de nos archives à l’Académie des Oscars »
Screenshot

Après plusieurs documentaires sur les États-Unis, Wichita Films a dévoilé sa nouvelle production : «Les Latinos à Hollywood : à la frontière du rêve américain». L’occasion pour media+ d’évoquer ce documentaire et l’évolution du genre avec Clara et Julia KUPERBERG, Fondatrices de Wichita Films.

media+

Quel regard portez-vous sur l’évolution du genre documentaire ?

Julia KUPERBERG

Alors que l’on pouvait espérer que les plateformes offrent davantage d’espace au documentaire, la réalité s’est révélée plus contrastée. Certaines chaînes ont disparu et, avec elles, des lieux d’exposition pour des thématiques documentaires pourtant essentielles. La fermeture de chaînes comme OCS en est un exemple marquant. Dans ce contexte, nous nous adaptons du mieux possible, tout en restant fidèles à notre vision : le travail collectif demeure notre principale force. Nous produisons nos films de A à Z et faisons appel à un chef opérateur, le plus souvent recruté localement.

media+

Votre dernier documentaire est consacré aux Latinos à Hollywood. Que représente cette production ?

Clara KUPERBERG

Ce documentaire, «Les Latinos à Hollywood : à la frontière du rêve américain», retrace un siècle de lutte pour la représentation des Latinos dans le cinéma américain. À travers des archives rares et les témoignages de figures emblématiques comme Edward James Olmos ou Jimmy Smits, le film montre comment une communauté longtemps invisibilisée, voire caricaturée, est parvenue à briser les stéréotypes et à réinventer le rêve américain. Cette histoire reste encore largement absente des productions américaines. Les chiffres sont éloquents : alors que les Latinos représentent près de 20% de la population des États-Unis, moins de 5% d’entre eux sont présents devant ou derrière la caméra. Ce documentaire illustre parfaitement ce qui nous intéresse aux États-Unis : le paradoxe profond de ce pays.

media+

Vos affiches deviennent-elles de plus en plus un outil de promotion face à la multitude des contenus disponibles ?

Julia KUPERBERG

Oui, absolument ! Nous avons donc choisi de mettre en avant le casting du documentaire qui en constitue l’un des principaux atouts, afin de signifier clairement que la parole leur est donnée et que ce sont leurs voix qui portent le récit.

media+

Documentaire toujours, sur quels sujets planchez-vous ?

Clara KUPERBERG

En 2026, nous allons travailler sur un projet qui nous passionne, autour de thématiques transversales entre la France et les États-Unis. Ces deux grandes nations sont à la fois amies et parfois, rivales en coulisses. Nous sommes encore en phase de définition de l’angle et de recherche d’archives. Mais avec l’essor de l’IA, cette étape devient plus complexe : il est désormais très difficile de distinguer une image authentique d’une image générée artificiellement

media+

Êtes-vous inquiètes pour la nouvelle génération de producteurs et réalisateurs de documentaires?

Julia KUPERBERG

Penser à l’avenir, et notamment aux besoins de la nouvelle génération de producteurs et de réalisateurs de documentaires, fait pleinement partie de notre ADN. C’est dans cet esprit que nous souhaitons léguer l’ensemble de nos archives à l’Académie des Oscars, afin qu’elles puissent continuer à nourrir la mémoire et la création. Cette nouvelle génération devra néanmoins faire preuve d’une grande capacité d’adaptation et de résilience face aux mutations du secteur.

Aucun article à afficher