L-E. LE LAY (France Télévisions) «Nous travaillons actuellement sur les grilles de programmation des Jeux Olympiques et Paralympiques»

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Actualité chargée pour le service des sports de France Télévisions. Outre la préparation des Jeux Olympiques de Paris 2024, le service public a récemment annoncé plusieurs reconductions de contrats comme la diffusion des Coupes d’Europe de rugby jusqu’en 2026. Le groupe a également renouvelé son engagement en faveur du sport féminin. Tour d’horizon avec Laurent-Éric LE LAY, Directeur des Sports de France Télévisions.

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France Télévisions a obtenu les droits de diffusion exclusive en clair en France des Jeux Olympiques jusqu’en 2032. Quelle a été la nature des négociations ?

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Il s’agit d’un accord négocié grâce à la puissance et la cohésion des médias du service public, membres de l’UER. Nous avons acheté les droits des futurs JO dans ce cadre. L’Union européenne de radio-télévision ne détenait plus les Jeux Olympiques depuis 2012. C’est donc un événement de voir les JO revenir dans le giron des chaînes de télévision publiques. Ces dernières continuent de jouer un rôle très important dans la diffusion de l’un des plus grands événements sportifs de la planète.

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Est-ce aussi la preuve que les chaînes linéaires n’ont pas dit leur dernier mot face à des plateformes de streaming qui investissent le sport ?

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Les chaînes de télévision gratuites historiques disposent d’une proposition de valeur unique auprès d’organismes comme le CIO : c’est l’exposition. En diffusant nos événements sur l’ensemble des chaînes publiques en Europe, le CIO s’assure que son événement sera largement vu par l’ensemble de la population. D’ailleurs, dans les contrats précédents qui avaient été négociés avec le groupe Discovery-Eurosport, le CIO s’assurait qu’il y ait la diffusion d’un nombre d’heures minimum sur les chaînes gratuites. La télévision est capable de générer de très fortes audiences.

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Certaines fédérations sportives sont pourtant tentées par les plateformes…

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Cela dépend des sports. Certaines disciplines sont diffusées traditionnellement par des chaînes payantes en raison du coût élevé des droits TV. Les championnats nationaux de football (Ligue 1, Première Ligue…) n’ont jamais vraiment été programmés en clair. Après, il y a des droits sportifs qui sont passés du clair au payant comme la Formule 1. Certains sports privilégient l’argent à l’exposition, tandis que d’autres font un mixe entre exposition et recherche d’argent. Les plus grandes compétitions comme la Coupe du Monde de football, les JO ou l’Euro de football restent extrêmement puissantes en termes d’audience et continuent à être diffusées en clair, réunissant un public qui va au-delà des passionnés. Quand on assiste à l’exploit d’un sportif, ça déclenche automatiquement des envies de pratique chez les jeunes et des passions naissantes. Ce sont des choses importantes pour les fédérations.

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La préparation des JO de Paris 2024 avance-t-elle au rythme souhaité ?

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Oui, cela avance très bien. Tout se précise. Je suis content de voir que beaucoup de choses commencent à se concrétiser. Jour après jour, Paris 2024 entre dans le quotidien des Français avec un tas d’annonces que l’on relaie dans nos émissions. Nous n’en sommes qu’au début. L’attente du public français s’amplifie. Nous travaillons actuellement sur les grilles de programmation des Jeux Olympiques et Paralympiques. On se projette dans quelque chose de concret.  On multiplie aussi les reportages et invités dédiés dans nos émissions («Stade 2», «TLS»).

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Allez-vous chapeauter le magazine quotidien sur France 3 sur les JO ?

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Le service des sports viendra en appui de ce programme quotidien qui sera produit par France Télévisions. Nous avons tourné des pilotes qui, sincèrement, donnent envie.

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France Télévisions réaffirme son engagement en faveur du sport féminin. Comment cela se traduit-il concrètement sur vos antennes ?

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Le sport féminin est très ancré chez France Télévisions, et depuis très longtemps. Notre rôle, année après année, est de trouver des opportunités pour installer encore plus le sport féminin dans le paysage à la fois sportif, télévisuel et médiatique français. Nous avons une politique de sports mixtes (hommes-femmes) et nous saisissons aussi des opportunités pour faire plus de sports féminins chaque saison. Pour cela, nous avons deux marqueurs: le Tournoi des Six Nations féminin exposé au départ sur France 4 et maintenant sur nos chaînes principales: France 2 et France 3. Deuxièmement, il y a l’épopée autour du Tour de France Femmes sur laquelle nous nous sommes engagés. Le succès de la première édition est allé bien au-delà de nos attentes. Voilà pourquoi le sport féminin a un beau potentiel devant lui. Diffuseurs comme organisateurs doivent offrir un spectacle à la hauteur de l’événement.  Il y a encore beaucoup à faire.

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Quels qont les temps forts à venir ?

LAURENT-ÉRIC LE LAY

Jusqu’au mois de septembre, nous aurons une succession de temps forts: rugby, tennis, cyclisme, athlétisme, natation… Le sport français dans sa pratique a une belle dynamique.