Lancement de «De facto», plateforme de lutte contre la désinformation et déclinaison française d’un projet lancé à l’échelle européenne

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Un collectif de chercheurs, journalistes et spécialistes de l’éducation aux médias ont annoncé ce mardi 11 janvier la naissance de «De facto», plateforme de lutte contre la désinformation et déclinaison française d’un projet lancé à l’échelle européenne. Cette initiative, portée par Sciences Po, l’Agence France-Presse, le Clemi (Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information) et la plateforme collaborative XWiki, est née d’un appel à projets lancé par la Commission européenne. 

Objectif ? Soutenir la création de huit projets nationaux mêlant les expertises d’universitaires, de professionnels de l’éducation aux médias et journalistes pour contrer les fausses informations sur 15 pays. «De facto», , tout comme ses voisins européens, est «indépendant des institutions, du gouvernement et des initiatives que le gouvernement pourrait prendre sur la désinformation», a souligné Dominique Cardon, directeur du Medialab de Sciences-Po, lors d’une conférence de presse. 

«Liberté académique» et «principe d’indépendance des rédactions journalistiques» animent la plateforme dont le lancement est «la première pierre d’un ensemble d’actions qui vont se déployer dans les années a venir», a-t-il ajouté. «L’AFP va coordonner la publication de factchecks qui viennent non seulement de sa rédaction mais aussi d’autres rédactions», telles que Libération, Radio France, 20minutes et Les surligneurs, premiers partenaires de cette initiative, a expliqué Christine Buhagiar, directrice Europe de l’Agence France-Presse. 

«Il peut y avoir d’autres partenaires qui nous rejoignent dans le courant de l’année, la porte restera toujours ouverte à d’autres factcheckers», a-t-elle poursuivi. 

Seront également disponibles sur le site des contenus pédagogiques, expliquant comment l’information peut être falsifiée et vérifiée. Enseignants et médias pourront aussi y trouver des outils plus spécialisés et l’accès à des logiciels libres. 

La plateforme sera le point de lancement et de publication «d’un ensemble de recherches portant sur les circuits de la désinformation», sur ses effets dans la manière de s’informer ou sur les enjeux de régulation des plateformes numériques, est-il précisé dans un communiqué. 

Les autres projets européens «sont sur le point de se lancer», a indiqué Christine Buhagiar. Des pays encore non couverts par l’initiative européenne font actuellement l’objet d’un appel d’offres mais d’ici à la fin de l’année, «il va vraiment y avoir une couverture européenne totale par des hubs contre la désinformation», a garanti la journaliste.