Le procès d’un gamer soupçonné d’une cyberattaque contre le Cned en 2021 reporté au 10 octobre

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Le procès d’un gamer soupçonné d’une cyberattaque contre le Cned (enseignement à distance) en 2021 et d’un appel anonyme signalant une prise d’otage au siège du géant des jeux vidéo Ubisoft à Montréal en 2020, a été reporté au 10 octobre.
Habillé tout de noir, Yanni O. – dont le pseudonyme est Y4nn0XX lorsqu’il joue – tanguait légèrement lorsqu’il s’est présenté lundi devant la 12ème chambre du tribunal correctionnel de Paris qui devait le juger pour de nombreuses infractions, parmi lesquelles «tentative d’extorsion», «escroquerie», «divulgation d’information fausse de sinistre de nature à provoquer l’intervention des secours», «menace de mort», «accès et maintien frauduleux dans un système de données», etc.
«C’est mon traitement», a justifié d’une voix chevrotante ce joueur de 21 ans, qui selon divers articles de presse a déjà été condamné par la justice française, et est connu pour tricher sur le jeu de tir Rainbow Six, où l’on incarne des agents de forces spéciales.
Victime d’une crise d’épilepsie «un peu sévère» quelques semaines plus tôt, Yanni O. est «encore dans une phase de récupération», a appuyé son avocat. Le tribunal, qui a maintenu son contrôle judiciaire dans l’attente de la prochaine audience, a également pris en considération le parcours procédural inhabituel d’un des deux dossiers devant être étudiés à l’audience. Dans le premier, Yanni O. est soupçonné d’être l’auteur d’une série d’attaques informatiques contre la plateforme du Centre national d’enseignement à distance (Cned) «Ma classe à la maison», au premier jour du retour de l’enseignement scolaire à distance lié à la pandémie de Covid-19, en avril 2021.
Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer avait évoqué une «très forte attaque informatique venue de l’étranger», sans plus de précisions sur son origine.
Yanni O. est aussi soupçonné d’être à l’origine d’un appel anonyme signalant en novembre 2020 une prise d’otage au siège du géant français des jeux vidéo Ubisoft à Montréal, qui a mobilisé des dizaines de policiers pendant plusieurs heures et s’est révélé être une fausse alerte.
Ce genre de canular téléphonique est connu sous le nom de «swatting», «Swat» désignant en anglais une unité d’intervention de la police américaine.
Cette tactique de harcèlement, qui vise à piéger la police par un appel anonyme pour la forcer à intervenir en toute urgence, est très populaire dans le milieu des joueurs en ligne.