Le rapporteur Charles Alloncle déplore le «retard» pris par la commission sur l’audiovisuel public

Le rapporteur Charles Alloncle déplore le «retard» pris par la commission sur l’audiovisuel public

Le rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, le député Charles Alloncle, a déploré mardi à sa reprise qu’elle ait pris du «retard» après avoir été «neutralisée pendant un peu plus d’un mois» en raison d’une série d’incidents. «Le retard n’est pas rattrapable. Une commission d’enquête (…) court pour 6 mois (et) ne peut être prorogée», a déclaré le député du parti UDR d’Eric Ciotti en conférence de presse. Peu après, à la reprise des auditions de la commission, son président Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) a récusé avoir voulu retarder les travaux. «Il n’a jamais été question pour moi de mettre un terme à cette commission d’enquête, ou de censurer le rapporteur», a-t-il assuré. M. Patrier-Leitus avait annoncé le 23 décembre qu’il suspendait l’envoi des convocations en attendant une réunion du bureau de la commission le 6 janvier, afin de retrouver un «cadre digne, sérieux et respectueux». Lors de cette réunion, de nouvelles règles avaient été édictées, interdisant le commentaire en direct des auditions sur les réseaux sociaux ou la «déformation des propos des personnes auditionnées». Cela visait M. Alloncle, déjà rappelé à l’ordre mi-décembre par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Ces prochaines semaines, la commission entendra notamment la présentatrice du journal télévisé de France 2 Léa Salamé et la ministre de la Culture, Rachida Dati. M. Patrier-Leitus a indiqué mardi qu’il allait également proposer d’auditionner les anciens présidents de la République François Hollande et Nicolas Sarkozy, «qui ont porté des réformes importantes de l’audiovisuel public». Il proposera aussi d’entendre des humoristes, à la suite de chroniques sur France Inter de Merwane Benlazar et Charline Vanhoenacker qui ont selon lui «suscité l’émoi d’une partie des Français». Il s’agira de demander «où s’arrête l’humour et où commence le militantisme politique». En outre, le président de la commission n’est pas contre le fait de convier l’ancien animateur de France Télévisions Patrick Sébastien, comme le souhaite Charles Alloncle. «Chercher à me discréditer ou à discréditer les travaux de notre commission, ça suffit», a-t-il tonné. Il a visé pour une part le rapporteur, pour une autre part des «factions prédatrices, tantôt d’extrême droite, tantôt d’extrême gauche» qui l’insultent sur les réseaux sociaux. Depuis leur lancement fin novembre, les travaux de la commission, créée à la demande de l’UDR, parti allié du RN qui prône la privatisation du service public de l’audiovisuel, se sont déroulés dans un climat tendu et ont suscité des réactions très polarisées sur les réseaux sociaux. La présidente de Radio France Sibyle Veil a ainsi déploré dans un courrier les «déformations publiques» de ses propos tenus en audition, en visant des publications sur X de M. Alloncle. Mardi, ce dernier a à nouveau émis des «doutes» sur «la sincérité des comptes» d’une autre entreprise publique auditionnée, France Télévisions. Dans une interview au Point dimanche, il avait dit soupçonner «une insincérité financière, voire des comptes maquillés» par ses dirigeants. Le groupe public a répondu lundi sur X en dénonçant «une affirmation extrêmement grave». Plus largement, France Télévisions a démenti des affirmations de M. Alloncle sur sa situation financière et sur le fait que le groupe tarde à lui transmettre des documents, en les qualifiant de «fausses, erronées ou tronquées».

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