Marseille: 66 ex-salariés de SFR devant les prud’hommes pour contester la légalité du plan de départ

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Soixante-six ex-salariés de SFR se sont présentés mardi matin devant le conseil des prud’hommes de Marseille pour contester la légalité du plan de départs volontaires (PDV) proposé par l’entreprise de télécom en 2017. L’audience de conciliation de mardi «est la première d’une procédure qui sera sans doute longue, et en tous cas c’est la première en France sur ce dossier», a expliqué Maître Romain Geoffroy, conseil des ex-salariés. Au niveau national, près de 250 anciens salariés de SFR (groupe Altice France), partis dans le cadre du plan de départs volontaires lancé en 2017 qui a vu la suppression de 5.000 postes chez l’opérateur, ont saisi les prud’hommes. «SFR a forcé l’intégration des salariés au PDV en leur disant qu’ils allaient être rétrogradés, perdre des avantages, finalement ils n’avaient pas le choix, c’était un plan social déguisé», a affirmé Me Geoffroy. Stéphane Lepage, ex-salarié de SFR, déplore: «Sur les 66, plus d’un an après le départ, je pense qu’un seul est aujourd’hui en CDI». «Pour la plupart on a fait toute notre carrière chez eux, on avait des métiers très spécifiques, on essaie de se reconvertir mais on ne trouve pas», a-t-il conclu. A l’instar d’Alex, 38 ans, actuellement en formation dans l’esthétique: «J’ai passé 16 ans chez SFR, donc le départ ça été avec perte et fracas, dans l’émotion totale», raconte-t-elle. «Ce qu’on attend de la justice, ce sont des indemnités, comme on en a obtenues pour le PDV de 2007, pour 1.500 ex-salariés», a résumé Me Geoffroy. Me Antoine Vivant, qui représente SFR, a décrit de son côté «un nombre de contestations très limitées» du PDV. Il a rappelé que les salariés peuvent faire jouer le «droit à la priorité de réembauchage» et «tenter de se faire recruter à nouveau dans l’entreprise».