P. CALMARD (Dentsu France) : «Fusion TF1 – M6 : nous assistons à la création d’une situation quasi monopolistique»

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Après la ministre de la Culture, c’est au tour du président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Roch-Olivier Maistre, de se déclarer «favorable» au projet de fusion du Groupe TF1 et du Groupe M6. Beaucoup de questions se posent sur cette fusion. L’occasion pour média+ d’échanger avec Pierre CALMARD, CEO de Dentsu France, et de comprendre l’intérêt de ce rapprochement.

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Comment expliquez-vous le rapprochement entre le Groupe TF1 et le Groupe M6 ?

Pierre CALMARD

Le rapprochement de ces deux groupes constituerait de facto le leader incontestable du paysage médiatique français. L’objectif est bien de disposer d’une surface d’action et d’investissement suffisante pour contrer les nouveaux géants internationaux de l’audiovisuel, comme Netflix ou Amazon. C’est un mouvement sans doute nécessaire pour des raisons de souveraineté culturelle, mais qui ne va pas sans interrogation pour le marché, notamment pour les annonceurs.

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Quelles sont les prochaines étapes de cette fusion ?

Pierre CALMARD

Même si le CSA a donné un avis favorable au projet de fusion, rien n’est encore fait. Ce rapprochement doit encore franchir de nombreuses étapes avant d’être validé. Le point décisif sera notamment le feu vert de l’Autorité de la Concurrence, qui est attendu courant de l’été 2022. Les règles actuelles qui accompagnent ce type de fusion seront sans doute un élément décisif pour définir le périmètre final du «mariage» entre TF1 et M6. Par rappel, en télévision, la loi prévoit un maximum de 7 autorisations de diffusion sur les ondes hertziennes pour un même groupe. À ce jour, les deux groupes cumulent 10 chaînes. Il est possible qu’elles doivent se séparer de 3 s’ils veulent voir leur fusion validée, mais c’est bien sûr aux autorités compétentes de se prononcer.

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Quelles sont les conséquences sur le paysage audiovisuel Français ?

Pierre CALMARD

Nous assistons à la création d’une situation quasi monopolistique en télévision. La capacité financière de ces deux groupes sera certainement un atout dans la quête aux programmes de qualité, grands évènements et contenus originaux. L’environnement TV sera certes concentré, mais nous pouvons y voir une alternative plus forte pour faire face aux offres vidéo, digitales et sociales des grandes.

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Avec cette fusion, quel sera avenir de la télévision française ?

Pierre CALMARD

Le mieux qui puisse advenir grâce à ce rapprochement est que la télévision française ne soit plus uniquement franco-française mais devienne européenne voire mondiale. A l’heure où les plateformes décloisonnent les marchés, c’est un enjeu économique, culturel et géopolitique majeur. Le marché de la télévision a été longtemps local. La vraie disruption des plateformes, c’est la mondialisation du terrain de jeu. Rester enfermé dans nos frontières étroites ne constitue en rien une solution pérenne. L’heure est à l’ouverture et au rayonnement.