Le président du CSA, Michel Boyon, a estimé mardi que le projet de suppression de la publicité dans l’audiovisuel public était une «chance», en soulignant que l’Etat devait prendre des engagements «fermes et solennels» pour compenser le manque à gagner financier. «Nous avons besoin d’un service public fort. C’est une chance pour lui car il est enfin libéré de la dictature de l’écran publicitaire», a déclaré le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) lors de ses voeux. Lorsque le président Nicolas Sarkozy a annoncé ce projet le 8 janvier, «j’étais heureux car j’attendais ça depuis 1986, quand j’ai participé à l’élaboration de la loi sur la liberté de communication», a commenté en marge de sa cérémonie M. Boyon, qui a pris la tête de la haute autorité audiovisuelle il y a un an. Il a dit néanmoins «comprendre les interrogations et inquiétudes» suscitées par cette annonce. «Ce sera difficile mais on peut trouver des ressources durables, pérennes qui ne s’évanouissent pas» pour compenser le manque à gagner de la suppression de la publicité, selon lui. Pour cela «l’Etat doit prendre des engagements pluriannuels très fermes, très solennels», a-t-il souligné. «Tant que l’on arrivera à trouver et respecter une identité claire pour chacune des chaînes du service publique, les chaînes n’ont à se poser aucune question sur leur appartenance au service public», a-t-il ajouté. En 2008, le CSA va «partir à la rencontre du public» dans les régions pour recueillir ses réactions sur l’ensemble des sujets audiovisuels (technique, programmes, etc.), et les «porter à la connaissance des médias», a-t-il indiqué, sans plus de précisions. M. Boyon a demandé à la ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel de ne «pas tarder» à transposer la directive européenne sur les médias adoptée fin 2007. Elle prévoit d’élargir les tranches de publicité et «l’introduction d’une régulation sur des secteurs» qui en sont épargnés, «en particulier la VOD». Le président du CSA souhaite par ailleurs pouvoir exercer sa mission de régulateur en ce qui concerne «les obligations de production pesant sur les chaînes», estimant que cela permettrait «plus de souplesse que la réglementation».



































