Procès pour écoutes illégales : le Daily Mail assure avoir utilisé des «sources légitimes»

Procès pour écoutes illégales : le Daily Mail assure avoir utilisé des «sources légitimes»

Deux tabloïds britanniques accusés d’avoir recueilli de façon illégale, notamment par le piratage de téléphones, des informations sur le prince Harry et six autres personnalités ont assuré mardi avoir utilisé des sources «légitimes» pour leurs articles. Au deuxième jour d’un procès qui doit durer neuf semaines devant la Haute Cour de Londres, l’éditeur du Daily Mail et du Mail On Sunday, Associated Newspapers Ltd (ANL), a commencé à présenter sa défense. Le groupe récuse les accusations formulées par Harry, ainsi que par Elton John, son mari David Furnish et l’actrice Elizabeth Hurley notamment, selon lesquelles il aurait, en recourant à des détectives privés, intercepté des messages vocaux, écouté des conversations téléphoniques et obtenu de manière illégale des informations à caractère privé. Les faits reprochés se sont déroulés de 1993 à 2018. Le fils cadet du roi Charles III, présent à l’audience lundi et mardi matin, devrait témoigner dès mercredi. L’avocat d’ANL, Antony White, a affirmé que le groupe de presse pouvait expliquer, en s’appuyant sur «une longue série de témoins, la source de plus de 50 articles» concernés par les accusations des plaignants. «Cela donne une description convaincante d’un schéma habituel consistant à recourir à des sources légitimes pour les articles», a-t-il déclaré. Il a estimé que les accusations faites aux journaux d’avoir eu recours à des détectives privés reposaient sur «du vent». Le prince Harry, 41 ans, mène depuis plusieurs années une bataille contre la puissante presse à scandale britannique. Harry, qui tient les paparazzi pour responsables de la mort de sa mère Diana en 1997 à Paris, nourrit une forte animosité contre les tabloïds. En 2023, il avait témoigné contre MGN, l’éditeur du Daily Mirror, devenant le premier membre de la famille royale à déposer à la barre lors d’un procès en plus de cent ans. Il avait remporté une victoire majeure avec la condamnation du groupe. En janvier 2025, il avait trouvé un accord financier avec le groupe NGN, appartenant à l’empire médiatique de Rupert Murdoch, qui avait accepté de lui verser un montant «substantiel» -non dévoilé- pour violation de la vie privée, notamment par le biais de piratage téléphonique. Au premier jour du procès contre ANL lundi, l’avocat des plaignants David Sherborne a affirmé qu’il y avait eu «un recours manifeste, systématique et continu à la collecte illégale d’informations tant au Daily Mail qu’au Mail on Sunday». Ces deux publications ont des «cadavres dans leurs placards», a-t-il accusé.

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