Radio Free Asia ferme son bureau hongkongais face à la nouvelle loi de sécurité nationale 

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La radio américaine Radio Free Asia (RFA) a annoncé vendredi avoir fermé son bureau à Hong Kong en raison de l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi de sécurité nationale, disant craindre pour la sécurité de ses journalistes. 

Le média n’a plus d’employés permanents à Hong Kong et a fermé son bureau, a affirmé sa présidente Bay Fang dans un communiqué, évoquant des «inquiétudes concernant la sécurité des membres du personnel et des journalistes». 

Il s’agit du premier média étranger à annoncer une fermeture depuis l’entrée en vigueur samedi de cette législation dénoncée par les militants pro-démocratie et qui a alarmé plusieurs pays occidentaux. 

Ce texte, qui complète la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin en 2020 après de grandes manifestations pro-démocratie à Hong Kong, prévoit notamment des peines de prison à perpétuité pour des infractions telles que la trahison et l’insurrection. 

«Les actions des autorités de Hong Kong, dont le fait de qualifier RFA de «force étrangère», soulèvent de sérieuses questions quant à notre capacité à opérer en toute sécurité après la promulgation» de cette loi, a déclaré la directrice. 

Financé par le Congrès américain, Radio Free Asia, dont le siège est à Washington, était récemment sous le feu des critiques des autorités hongkongaises, dans cette ex-colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997. 

«La fermeture du bureau de RFA à Hong Kong, après 28 ans, est un rappel brutal de la façon dont Pékin a mis fin à l’autonomie de Hong Kong de manière éhontée», a réagi vendredi l’élu démocrate Gregory Meeks, membre de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants. 

Le mois dernier, un haut responsable de Hong Kong avait accusé RFA de «salir» la loi de sécurité nationale, dénonçant des mensonges colportés par des «forces étrangères». 

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Union européenne ainsi que les milieux d’affaires et les défenseurs des droits humains ont manifesté leur inquiétude quant à l’entrée en vigueur de cette loi, disant craindre qu’elle ne restreigne encore davantage les libertés à Hong Kong.