Sanctionné par les États-Unis, Thierry Breton appelle l’Union européenne à un soutien politique «au plus haut niveau»

Sanctionné par les États-Unis, Thierry Breton appelle l’Union européenne à un soutien politique «au plus haut niveau»
EU commissioner for internal market and consumer protection, industry, research and energy Thierry Breton talks during a press conference after the college meeting with High Representative of the European Union for Foreign Affairs and Security Policy, Josep Borrell (unseen), and European Commission vice-president in for a Europe fit for the digital, Margrethe Vestager (unseen), on the European Defence Industrial Strategy and the European Defence Investment Programme at the Eu headquarters in Brussels on March 5, 2024. (Photo by JOHN THYS / AFP)

L’ancien commissaire européen Thierry Breton, sanctionné par les Etats-Unis pour avoir oeuvré à renforcer la législation numérique de l’Union européenne, a regretté mercredi le manque d’entrain de l’exécutif européen à le soutenir, lors d’une audition au Parlement européen.

Jusqu’ici, la Commission européenne, dont M. Breton avait démissionné avec fracas en septembre 2024 en raison d’un désaccord public avec sa présidente Ursula von der Leyen, s’est contentée de lui proposer une prise en charge de tout ou partie de ses frais d’avocat pour contester cette sanction, a-t-il expliqué aux eurodéputés.

Alors qu’il juge nécessaire une action politique «au plus haut niveau», à l’image du président français Emmanuel Macron qui a demandé à Donald Trump la levée de la sanction qui le frappe. «Ce qui m’importe, c’est de veiller à ce qu’un dialogue soit engagé au plus haut niveau politique, à l’instar de celui que le président Macron propose d’ouvrir avec le président Donald Trump. C’est, à mon avis, la seule solution pour dissiper ce malentendu», a-t-il fait valoir, lors d’une intervention par visioconférence.

Thierry Breton, accusé de «censure» au détriment des intérêts américains par le département d’Etat, est interdit de séjour aux Etats-Unis depuis décembre 2025. Cet artisan du règlement européen sur les services numériques (Digital services act, DSA) avait joué un rôle majeur pour réguler les plateformes de la tech, au grand dam des Etats-Unis qui y ont vu une atteinte à la liberté d’expression. «ll est nécessaire d’avoir une discussion au plus haut niveau pour annuler cette décision. Non seulement pour mon cas, mais aussi parce que nous devons nous assurer et clarifier pour tous que notre législation, nos règles, suivent un processus démocratique très rigoureux. Et nous devons veiller à préserver l’indépendance de nos institutions, de nos instances, quelles que soient les ingérences», a plaidé l’ex-patron du groupe technologique Atos.

Emmanuel Macron a récemment écrit à Donald Trump pour plaider la levée des «sanctions injustement imposées» à l’encontre de plusieurs citoyens européens, dont Thierry Breton et le juge Nicolas Guillou, selon une lettre révélée par l’hebdomadaire «La Tribune Dimanche».

«Les sanctions adoptées contre Thierry Breton portent atteinte à l’autonomie réglementaire européenne et se fondent, de surcroît, sur des analyses erronées : la réglementation numérique européenne n’a, en effet, aucune portée extraterritoriale et s’applique sans discrimination, sur le territoire européen, à toutes les entreprises concernées», relève Emmanuel Macron dans sa lettre à Donald Trump.

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