Takis Candilis, directeur des fictions de TF1

Le directeur des fictions de TF1 livre quelques informations sur la nouvelle grille de rentrée de la chaîne, la nouvelle offre et les tendances à venir.

média+ : L’audience de la fiction française prend-elle un
nouveau souffle ?

Takis Candilis : La fiction française a traversé une crise et perdu 15% de son audience cette année. L’offre est donc logiquement modifiée en profondeur pour répondre aux nouvelles attentes des téléspectateurs. A chaque nouveauté, la promesse doit être forte. C’est le cas pour «Ali baba», un téléfilm en deux parties avec Gérard Jugnot et Michèle Bernier, et pour «Ma fille est innocente», une fiction que produira Christophe Dechavanne. Ce fut le cas l’année dernière pour «Marie Humbert», avec Muriel Robin et l’immense succès que l’on sait.

média+ : Le 52′ un format relativement nouveau en France. Pourquoi ?

Takis Candilis : Les Allemands produisent des séries longues de 52′ depuis longtemps alors que nous avons préféré le 90′ en France. C’est une petite révolution dans la manière de fabriquer la fiction qui répond au désir de nouveauté dont je parlais. Et puis, il vaut mieux s’aligner sur les séries américaines que sur «Le miel et les abeilles» si l’on veut créer quelque chose. De nouveaux feuilletons français de 52′ arriveront sur la grille de TF1 durant l’année, comme «L’hôpital», «Risques» et «Section recherche».

média+ : Pouvez-vous d’ores et déjà dire un mot sur leur qualité ?

Takis Candilis : Vous jugerez par vous même. Une chose est sûre, c’est que nous avons déployé de gros budgets pour faire le produit le meilleur possible et ne rien laisser au hasard. Pour «L’hôpital», par exemple, Aube productions a construit un plateau de 1 200 mètres carrés à Bry-sur-Marne. Les producteurs et les réalisateurs ont fait un excellent travail à chaque fois. Ces feuilletons ont aussi de très beaux castings. De véritables pépinières de comédiens! Grâce à la nouvelle offre de fiction française, beaucoup ont des rôles majeurs alors qu’ils se sont longtemps contentés de seconds rôles. C’est aussi une révolution dans le métier d’artiste !

media+ : En cette rentrée 2007-2008, les fictions historiques seront-elles au goût du jour ?

Takis Candilis : Oui, à commencer par le tournage, la semaine prochaine d’un téléfilm inspiré de l’histoire d’ «Action directe», avec Jean-Hughes Anglade. Nous avons fait un gros travail d’écriture et attendons beaucoup de ce rendez-vous.
Une série sur la résistance, une production Canal +/TF1, reviendra sur les années de guerre en France avec les personnages emblématiques. Alain Godard, à qui l’on doit les succès de Jean-Jacques Annaud, «L’ours» et «Stalingrad», en sera l’auteur.

média+ : Comment expliquer le succès en demie teinte de «Mystère», la saga estivale de TF1 ?

Takis Candilis : Cette saga a réuni 7 millions de téléspectateurs, ce qui n’est pas un mauvais score du tout. En revanche, c’est vrai, nous sommes loin des résultats de «Dolmen», l’an dernier (9 millions de téléspectateurs ndlr). Le public a moins suivi mais nous n’avons pas honte du produit, bien écrit, avec des comédiens de grand talent. Ce n’est pas un record mais c’est un succès.

média+ : «Heroes», la série américaine qui fait un tabac dans le monde entier, a eu aussi du mal à s’installer le samedi soir. Que s’est-il passé ?

Takis Candilis : Encore une fois, nous sommes loin de l’échec d’audience. «Heroes» a souvent terminé en tête avec d’excellents résultats sur les ménagères, par exemple. Cela dit, le fait qu’elle ait plus de difficultés avec le grand public, c’est à dire les 4 ans et plus, n’est pas si étonnant. C’était même prévisible. Il lui faudra sans doute un peu de temps.

média+ : Pourquoi vous lancez-vous aujourd’hui dans un feuilleton quotidien («Seconde chance» ndlr) ? Le succès de «Plus belle la vie» a-t-il été le déclic ?

Takis Candilis : Bien sûr que France 3 nous a donné envie de nous imposer aussi sur ce créneau du feuilleton quotidien, mais nous ne l’attendions pas pour autant. «Le destin de Lisa» sur TF1 est un énorme succès, avec plus de 50% sur la ménagère de moins de cinquante ans. L’idée d’un feuilleton français a germé lentement car il a fallu apprendre à en faire. Au temps d’«Hélène et les garçons» et des séries AB, 11 plateaux de la plaine Saint-Denis tournaient en permanence. Avec «Seconde chance», nous voulons innover en matière d’écriture, de personnages, d’action mais retrouver un tel rythme de production.

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