Trois questions à… Sylvain Anichini, ancien Directeur Général adjoint en charge des techniques et technologies nouvelles à Radio France

Le Média Club a organisé hier matin une conférence sur le thème «La radio à l’heure du numérique», l’occasion pour média+ de rencontrer Sylvain Anichini, ancien Directeur Général adjoint en charge des techniques et technologies nouvelles à Radio France. Il nous expose sa vision de la nouvelle ère de la radio numérique.

média+ : Quelles sont les particularités de la radio numérique ?

Sylvain Anichini : Contrairement à la radio analogique qui ne dispose que d’un seul support (le son) et qui ne peut véhiculer qu’un seul contenu, la radio numérique permet d’utiliser plusieurs supports (son et images) simultanément et avec des fonctionnalités plus nombreuses. De plus, elle a un moteur d’interactivité qui lui permet d’agir localement sur l’affichage des contenus. La numérisation de la radio devrait être totalement effective dans les quarante années à venir. Dès lors, la radio numérique est à même de véhiculer et de publier un contenu plus riche, avec plus de programmes et des données associées (écrites, graphiques, photographiques) qui viendront enrichir les programmes sonores. Elle a un grand potentiel de développement.

média+ : Quels sont les grands changements à prévoir ?

Sylvain Anichini : Les vrais changements résident dans l’exploitation de l’écran du terminal. C’est un moyen de rajeunir l’audience de la radio qui s’est déplacée vers l’iPod, l’écoute des baladeurs ou le téléchargement. Lorsque Radio France a lancé les podcasts, nous nous sommes aperçus que nous pouvions ramener de nouveaux auditeurs. Aujourd’hui, les podcasts ont un énorme succès car l’on peut les écouter librement et gratuitement. Par conséquent, la radio numérique est un moyen de séduire les jeunes auditeurs et donc de capter cette audience. Pour Radio France le budget mis en place pour le développement de la radio numérique était tout à fait convenable, alors qu’un nouvel entrant qui ne ferait que de la radio numérique a de grandes chances d’échouer.

média+ : Quel sera le modèle économique français pour la radio numérique ?

Sylvain Anichini : En France, le modèle est double. Il y a la redevance qui finance Radio France et la publicité qui rémunère les radios privées. Si une nouvelle offre en radio numérique est créée, il faudra se demander si la publicité suffira. On peut aussi imaginer une radio à péage comme aux Etats-Unis. L’élément déclencheur qui lancera la radio numérique sera une offre différente de la FM, une offre qui la complètera. A titre indicatif, la radio Last FM aux 20 millions d’utilisateurs à été rachetée par CBS en 2007 pour la somme de 280 millions de dollars.

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