Un conte sur la peste remporte le 1er Pégase du meilleur jeu vidéo français

608

Sur le modèle des «César» du cinéma, l’Académie des arts et techniques du jeu vidéo, nouvellement créée pour rassembler les professionnels du secteur en France, a récompensé lundi soir de «Pégase» les meilleures créations des studios et notamment «A Plague Tale», un conte sur la peste qui résonne avec l’actualité. Annoncée l’année dernière par le Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) qui en est à l’origine, la 1ère cérémonie des «Pégase» a rassemblé plus de 500 personnes, pour beaucoup en tenue de soirée, au Théâtre de la Madeleine (Paris 8e). Nommé dans 7 catégories, le titre «A Plague Tale: Innocence» du studio bordelais Asobo et édité par Focus Home Interactive, en a remporté six, dont celles de l’excellence visuelle, du meilleur univers sonore, et donc le Pégase du meilleur jeu vidéo. Sorti en mai 2019, le jeu permet d’incarner un frère et une soeur vivant au XIVe siècle, qui tentent de survivre, alors qu’une épidémie de peste noire ravage un royaume de France infesté de rats. Son thème résonne avec la crainte qu’inspire actuellement l’épidémie mondiale de coronavirus. L’industrie du jeu vidéo pèse plus de 110 milliards d’euros de c.a. annuel dans le monde, selon le centre de réflexion Idate, et la France en représente près de 5 milliards. Des phénomènes du jeu en ligne (comme Fortnite) et les succès des grands studios (jeux dits «AAA») dominent le marché en Occident. Mais l’un des enjeux de la cérémonie est de donner de la visibilité à des jeux moins connus et aux studios, environ 500 en France, en quête de notoriété pour accéder plus facilement aux investissements. «Le jeu vidéo est né des indépendants et l’esprit «indie» est encore là, même si nous sommes la 1ère industrie culturelle mondiale», a déclaré sur la scène Davy Chadwick, vice-président du SNJV chargé de l’Académie. La cérémonie était diffusée en direct sur la plate-forme de streaming Twitch, et sur 2 chaînes du groupe Webedia: la webTV LeStream qui réunissait quelque 16.000 spectateurs en ligne et ES1.tv, dédiée aux compétitions et distribuée sur les box. «L’idée (des Pégase) est de sublimer les créations et les talents français du jeu vidéo, la culture du XXIe siècle», selon le délégué général du SNJV, Julien Villedieu. Au total, 120 jeux ont été soumis au vote des membres de l’Académie. Leur point commun: avoir été commercialisés en 2019 et majoritairement réalisés en France, sauf pour 3 catégories récompensant des jeux étrangers. «A Plague Tale» concourait pour la catégorie phare de la cérémonie aux côtés de la simulation de rallye automobile WRC8 du studio Kylotonn (Bigben) et de l’épopée aux accents surnaturels de 2 frères, pourchassés par la police, contraints de fuir les États-Unis pour se réfugier au Mexique: «Life Is Strange 2» de Dontnod Entertainment (Square Enix), qui a remporté le prix de l’excellence narrative. Le prix du meilleur jeu indépendant a été remporté par «Night Call», du studio Monkeymoon et un prix récompensant les jeux engagés est revenu à «Alt-Frequencies» du studio Accidental Queens, un jeu d’enquête narratif principalement audio. Le prix du meilleur jeu étranger est revenu à «Metro Exodus», un jeu de tir dans un monde post-apocalyptique inspiré de l’univers des livres de l’écrivain russe Dmitri Gloukhovski, développé par le studio ukrainien 4A Games et édité par Koch Media. «Dead Cells», du studio Motion Twins, a été élu meilleur jeu mobile et meilleur service d’exploitation, sur la base des nouveaux contenus mis à disposition des joueurs après la sortie. «Un Pas Fragile» (Opal Games) a remporté le prix du meilleur 1er jeu, tandis que «Don’t look», par les élèves de Cnam-Enjmin, a obtenu celui du meilleur jeu étudiant. Le comité de pilotage de l’Académie a décerné un Pégase d’honneur à Yves Guillemot, PDG de l’éditeur de jeux vidéos français Ubisoft, et un Pégase de la personnalité de l’année à Jehanne Rousseau, directrice du studio Spiders.