«Je ne suis pas plus blasé, maintenant que quand j’ai démarré»: le réalisateur Bertrand Tavernier, cinéphile passionné, a vu ou revu plus de 950 lms pour livrer une histoire intime du 7ème Art, en salles mercredi, qu’il veut éclectique. Dans «Voyage à travers le cinéma français», le cinéaste de 75 ans raconte ses souvenirs et ses coups de coeur de cinéma. Le documentaire de 3H10 sera montré dimanche au Festival Lumière à Lyon après avoir été présenté notamment au dernier Festival de Cannes. Dans cette promenade à travers les lms, il mêle étroitement sa vie et ses in uences, des premiers chocs de son enfance – «Dernier Atout», puis «Casque d’Or» de Jacques Becker – à Jean-Pierre Melville et Claude Sautet, ses «parrains de cinéma». Entre les deux, il évoque Jean Renoir, Jean Gabin, Marcel Carné, les compositeurs Maurice Jaubert et Joseph Kosma, l’acteur Eddie Constantine, les réalisateurs de la Nouvelle Vague ou le cinéaste méconnu Edmond T. Gréville. Ces artistes très divers «sont des gens qui me nourrissent de façons différentes, qui se complètent. C’est ce qui est beau, c’est la diversité, la variété des approches. J’essaie de plaider pour ça. C’est l’anti-formatage», lance avec passion Bertrand Tavernier, dans une rencontre dans les locaux de sa société de production à Paris. Ce cinéaste lui-même éclectique, dont l’oeuvre va du lm de guerre («Capitaine Conan») au lm historique («La Princesse de Montpensier») en passant par l’univers de la police («L.627»), avait depuis «très longtemps en tête l’idée d’un lm qui puisse exprimer la reconnaissance qu’il avait envers les cinéastes, dans lequel il puisse parler de l’amour qu’il avait pour certains lms».



































