Le site Internet d’échanges de vidéos YouTube, récemment rouvert à la consultation en Turquie après trois ans d’interdiction, est à nouveau menacé de censure en raison des images compromettantes pour un politicien turc qu’il diffuse, a rapporté l’agence de presse Anatolie.
Un tribunal d’Ankara a donné droit mardi aux demandes de l’ancien chef du principal parti d’opposition CHP (Parti républicain du peuple), Deniz Baykal, qui avait dû démissionner en mai après la diffusion sur Internet d’une vidéo montrant un individu lui ressemblant en pleine relation extra-conjugale. La cour a ordonné l’interdiction de YouTube et saisi l’organe public de régulation d’Internet. Celui-ci a indiqué qu’il demanderait par courrier aux administrateurs du site de supprimer les vidéos compromettantes, à defaut de quoi il empêcherait l’accès à celui-ci, a indiqué Anatolie. Un tribunal avait levé samedi l’interdiction qui frappait le site depuis trois ans. L’accès à YouTube était interdit depuis septembre 2007 à la suite d’une plainte d’un particulier dénonçant la diffusion de clips irrévérencieux à l’égard du fondateur de la République turque, Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), considéré comme un héros par la plupart des Turcs. En Turquie, pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne, les sujets tabous tournent principalement autour d’Atatürk, de l’armée, de la question des minorités et de la dignité de la nation. A ce titre, plusieurs milliers de sites sont bloqués. La situation est dénoncée par les défenseurs de la liberté d’expression, qui s’indignent du flou de la législation en vigueur et de l’opacité des procédures conduisant à la censure de sites.

































