Dans le cadre du 49ème Festival International de la télévision de Monte-Carlo, média+ s’est entretenu avec Philippe Bailly, Fondateur & Président de NPA Conseil. En tant que spécialiste du développement et management d’activités médias, il nous révèle comment le paysage audiovisuel français va se restructurer autour de quelques acteurs dominants.
média+ : Quelle prochaine métamorphose le paysage audiovisuel français va-t-il connaître ?
Philippe Bailly : Lorsque le service public ne sera plus financé par la publicité, ce sont les chaînes privées que les revenus publicitaires iront investir. Cependant, la télévision ne permet plus de toucher l’intégralité des publics. Même si les chaînes TNT commencent à voir leurs audiences progresser, le paysage de la TNT va se recomposer. Le rachat de TMC et NT1 par TF1 n’est que la première étape de ce changement.
média+ : TF1 tente de rebondir en s’installant sur la TNT. Les anciens dirigeants de la chaîne ont-ils eu tord de ne pas y croire ?
Philippe Bailly : Le groupe TF1 a manqué de prudence en voulant retarder le lancement de la TNT. Cela dit, ni TF1 ni M6 n’avaient anticipé le succès des nouvelles chaînes gratuites.
média+ : Comment expliquez-vous la révolution publicitaire avancée des chaînes historiques ?
Philippe Bailly : Le chiffre d’affaires des chaînes historiques en 2009 est le mélange de trois éléments. Tout d’abord un effet de crise économique dans lequel les annonceurs investissent beaucoup moins. Ensuite, une fragmentation des audiences avec des parts de marché qui se redistribuent entre chaînes historiques et nouveaux venus. Et enfin une forme de substitution de la télévision par l’Internet. Par conséquent, les chaînes historiques vont devoir améliorer la commercialisation de nouveaux services.
média+ : Les fictions françaises ont-t-elles repris du poil de la bête par rapport aux séries américaines en 2009 ?
Philippe Bailly : Nous sommes dans une saison charnière dans laquelle il y a une forme d’essoufflement des grandes séries américaines. Leurs performances sont bien moindres qu’auparavant. Du côté des fictions françaises, il est intéressant de constater que le processus industriel est en train de porter ses fruits avec éventuellement des débouchés internationax.




































