Canal+ : «Ma vie à poil sur le net» : les drogués du net s’en mordent les doigts

Depuis l’avènement des blogs et des réseaux sociaux, des centaines de millions de personnes racontent leur vie sans limites sur le net : «Ma vie à poil sur le web» (le 22 septembre à 22h25 sur Canal+), un documentaire coproduit par Canal+, dresse un état de lieux et enquête sur les dangers du phénomène.
Réalisé par le journaliste Yves Eudes, grand reporter au quotidien «Le Monde», le film est nourri en partie par son expérience personnelle. Postulat de départ : pour des millions d’internautes se raconter sur Facebook ou un blog permet de briser l’isolement. Mais étaler sa vie sur ces espaces de de libre expression risque d’entraîner des dommages collatéraux parfois dévastateurs. Pour une banale soirée estudiantine, on peut voir sa vie basculer. D’autant que les articles restent en ligne indéfiniment, comme s’ils étaient reproduits chaque jour. Aux Etats-Unis, les chasseurs de tête utilisent les réseaux sociaux pour se renseigner sur leurs candidats et recouper les informations. En France, on en prend le chemin, comme l’explique dans le documentaire la directrice d’une agence de recrutement. Certains en ont fait la dure expérience et se sont retrouvés licenciés à cause d’une malencontreuse vidéo mise sur Internet. Des entreprises, telles «Reputation Defender» aux Etats-Unis, se sont montées pour défendre la vie privée de leurs clients. Mais, pour faire retirer des documents sur le net, la facture est salée et atteint des milliers de dollars. Il y a pire : la géo-localisation. Une fois installé sur votre téléphone, le programme gratuit Aka-Aki, créé en Allemagne, est capable de détecter la position de smart phones et d’ordinateurs portables équipés de Bluetooth, même s’ils ne sont pas connectés à Internet. «Les libertés publiques chèrement acquises au cours du XXe siècle dans le monde physique sont remises en cause ou bafouées dans l’univers numérique par les bureaucraties et les entreprises qui profitent de l’ignorance et de l’insouciance du grand public», observe Yves Eudes.

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