ANGELA LORENTE, Directrice du pôle téléréalité de TF1

De l’aventure avec «Koh Lanta», à l’enfermement avec «Secret Story», en passant par la comédie avec «Qui veut épouser mon fils ?», la téléréalité est un genre qui regorge de nombreuses formes et écritures sur TF1. Entretien avec Angela Lorente, Directrice du pôle téléréalité de TF1 qui nous dévoile la stratégie élaborée par la chaîne avec ce genre télévisuel.

MEDIA +
Quelles sont les dernières tendances en termes de téléréalité dans le monde ?

ANGELA LORENTE
Dans les nouveaux formats de téléréalité, les caméras se placent directement dans le quotidien des anonymes qui peuvent dorénavant se filmer eux-mêmes. Cependant, le dernier MIPCOM n’a pas présenté beaucoup de créativité en téléréalité.

MEDIA +
Le lancement de «Qui veut épouser mon fils ?» a séduit 3,7 millions de téléspectateurs, 24% du public et 33% des ménagères. Le second degré et la comédie, une recette qui fonctionne ?

ANGELA LORENTE
En effet, il y a beaucoup d’humour généré par la situation mère/fils qui est pour la première fois explorée en télévision. Au final, je suis satisfaite du casting, mais aussi du mélange parfait entre la téléréalité et l’univers d’Etienne Chatiliez.

MEDIA +
«Secret Story» s’achève sur les chapeaux de roues. Sera-t-il difficile de vous remettre en question pour la saison suivante au risque de surenchérir ?

ANGELA LORENTE
J’adore me remettre en question pour trouver de nouvelles inspirations. Le succès de «Secret Story» nous donne encore plus envie de surprendre afin d’être à la hauteur des attentes du téléspectateur. Pour cela, nous sommes exigeants avec nous même et avec le producteur (Endemol Productions, ndlr). La téléréalité se nourrit de tout, c’est un mélange des genres, une sorte de sitcom bon enfant à l’instar d’«Hélène et les garçons».

MEDIA +
Au printemps dernier, «La Ferme Célébrités» n’a pas rencontré le succès escompté. Quel diagnostique faîtes-vous de cette échec ?

ANGELA LORENTE
«La Ferme Célébrités» n’est pas un échec car le programme réalisait de très bonnes audiences en Access. Avec l’émission en Afrique, nous pensions réaliser de meilleurs scores en Prime. En réalité, le format se consomme bien mieux en Access et en Night. Sur le contenu, les célébrités n’étaient pas très généreuses.

MEDIA +
Selon vous, pourquoi une partie des Français considère la téléréalité comme une sorte de télé-poubelle ?

ANGELA LORENTE
La France est le seul pays à se poser ce genre de questions car en Europe la téléréalité n’est pas diabolisée, elle fait partie de la société. Ce n’est qu’une écriture télévisuelle et une manière de filmer. De plus, la téléréalité a inspiré la fiction, le divertissement et le jeu dans leur renouvellement.

MEDIA +
Qu’avez-vous pensé de «L’Île de la Tentation» diffusée sur la chaîne Virgin 17 ?

ANGELA LORENTE
C’était une parodie de «L’Île de la Tentation»… Quoique l’émission était bien produite.

MEDIA +
Après l’arrêt de la «Star Ac’», à partir de quand lancerez-vous un programme musical ?

ANGELA LORENTE
Nous avons regardé de nombreux formats musicaux, mais nous n’avons pas eu de coup de coeur. Nous finirons bien par trouver le bon format, celui qui nous correspond, car le mélange téléréalité/paillettes est une fusion qui nous intéresse toujours.

MEDIA +
Dans l’avenir, quel genre de téléréalité pourrions-nous voir à l’antenne ?

ANGELA LORENTE
Il se développe une nouvelle tendance dans laquelle la téléréalité est racontée comme une fiction. Cela m’intéresse. En parallèle, nous travaillons sur le docu-réalité «Baby Boom» pour lequel 40 caméras capteront la vie d’une maternité durant 1 mois et demi. Enfin, même si ce n’est pas une priorité, j’ai le désir de lancer une téléréalité politique.

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