La BBC dévoile aujourd’hui, jeudi 18 octobre, un plan d’économies draconien qui pourrait entraîner jusqu’à 3 000 suppressions de postes, nouveau coup dur pour la radio-télévision publique britannique déjà secouée par une série de scandales ces derniers mois. Le conseil d’administration de la BBC a approuvé mercredi après-midi le projet présenté par le directeur général Mark Thompson, pour économiser quelque 2 milliards de livres (près de 2,9 milliards d’euros) sur les six prochaines années. Une cure d’amaigrissement rendue nécessaire par la décision du gouvernement de n’augmenter la redevance – principale source de financement de la radio-télévision publique, qui ne diffuse pas de publicité – qu’en deçà de l’inflation. Les détails de ce plan sont dévoilés ce matin aux 23 000 employés de la BBC, qui ont déjà prévu de lui réserver un accueil rugueux. Les syndicats ont notamment brandi la menace de grèves dans les prochaines semaines. «Nous sommes persuadés que les projets approuvés aujourd’hui (mercredi) permettront de sauvegarder les valeurs fondamentales de la BBC à une période de changement radical et de plus en plus rapide en termes de technologie, de marchés et d’attente» des auditeurs et téléspectateurs, a déclaré le président du conseil d’administration, Michael Lyons, à l’issue de la réunion. Le conseil a par ailleurs approuvé le «principe» de la vente de Television Centre, un bâtiment de la BBC situé à Shepherd’s Bush dans le centre de Londres. Selon la rédaction de la BBC, 2 800 postes pourraient être supprimés, soit environ 12% des effectifs actuels. La presse parle de 2 000 à 3 000 suppressions d’emplois. Pour faire passer la pilule, la direction pourrait annoncer la création d’un millier de nouveaux postes. Les coupes claires devraient principalement affecter l’information, avec notamment un rapprochement des rédactions télévision, radio et internet, pour réduire les doublons. Plusieurs émissions d’information ou de divertissement pourraient également être touchées. Plusieurs «pointures» de la rédaction, comme John Humphrys ou Jeremy Paxman, ont publiquement exprimé leur désarroi et leur colère ces dernières semaines. Ils ont notamment suggéré à la direction de faire des économies en taillant dans certaines chaînes numériques à l’audience confidentielle, plutôt que dans les programmes d’information, cruciaux pour l’image de marque de la «Beeb». Ce plan a mis en lumière la véritable crise d’identité que traverse la BBC, alors qu’elle opère un difficile – et coûteux – virage vers le tout-numérique tout en diversifiant sa production pour attirer toujours plus de lecteurs, d’auditeurs ou de téléspectateurs. «La quadrature du cercle consiste pour la BBC à rester un acteur à part entière de la vie culturelle britannique tout en mettant en oeuvre les coupes entraînées par la baisse de la redevance», explique Steven Barnett, professeur de communication à l’université de Westminster à Londres.




































