Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, mardi, le rappeur Booba à trois mois de prison avec sursis et 30.000 euros d’amende pour cyberharcèlement et injure raciale envers une journaliste de France Télévisions. La journaliste Linh-Lan Dao a porté plainte en avril 2024 contre le chanteur pour l’avoir «jetée en pâture» à la «meute» numérique de ses plus de 6 millions d’abonnés sur le réseau X, à la suite d’un article de factchecking scientifique dénonçant la «dérive complotiste» de l’artiste pour avoir évoqué un lien entre les vaccins contre le Covid et la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Dans les heures suivant la publication de son article, Elie Yaffa avait notamment proposé sur le réseau social à la journaliste «un strip poker sans cartes» autour «d’un bon wok de légumes». «La dimension sexiste du discours et celle essentialisante, à raison de ses origines asiatiques, destinées à renvoyer la journaliste Linh-Lan Dao à sa seule qualité de femme asiatique, lui confèrent à l’évidence un caractère malveillant», a estimé le tribunal dans sa décision. Pour les juges, les messages sur X de Booba «visaient à s’en prendre, par des attaques gratuites, à une journaliste dans le cadre de sa profession, au seul motif que ses investigations parvenaient à une conclusion différente de la sienne, pour la faire taire». Le tribunal a condamné le rappeur, qui ne s’était pas présenté au procès le 1er avril, à verser 4.000 euros de dommages-intérêts à la partie civile. «Le tribunal a reconnu qu’Élie Yaffa «Booba» ne pouvait pas ignorer qu’une meute allait être enclenchée à la suite de ses messages, c’est-à-dire qu’il a reconnu en quelque sorte sa responsabilité en tant que leader avec une communauté», s’est félicité à l’issue du jugement Me Ilana Soskin, avocate de la journaliste. «Je me sens extrêmement soulagée et satisfaite du jugement», a réagi Linh-Lan Dao, «j’espère que je vais pouvoir tourner la page». Dans un autre dossier appelé à la même audience, Booba a également été condamné à 20.000 euros d’amende pour injure raciale envers le chroniqueur Tristan Mendès-France, qui avait dénoncé sur X le cyberharcèlement de Linh-Lan Dao, pour des messages faisant allusion à son nez, «reprise du stéréotype antisémite le plus éculé» selon le tribunal. L’avocate de Booba, Me Marie Roumiantseva, a indiqué faire appel des deux condamnations.






























