F. BREDIN (CNC) : « La taxe vidéo devrait rapporter autour de 10 millions d’euros pour 2018 »

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La taxe vidéo est en application depuis le 1er janvier 2018. Cette dernière devrait rapporter autour de 10 millions de la part des GAFA. L’occasion pour média+ d’évoquer le marché cinématographique avec Frédérique Bredin, Présidente du CNC.

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La taxe vidéo est en application depuis le 1er janvier 2018. Que devrait rapporter cette taxe ?

Frédérique Bredin

La taxe vidéo devrait rapporter autour de 10 millions d’euros pour 2018. C’est modeste par rapport aux 140 millions d’euros des salles de cinéma ou des 290 millions d’euros des chaînes de télé, mais nous avons mis le pied dans la porte. Pour la première fois, les GAFA participent, comme tous les autres acteurs, à notre modèle, où la diffusion finance la création. La Culture a été pionnière dans ce combat pour la justice fiscale qui est au cœur de l’actualité.

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La directive européenne SMA est-elle suffisante selon vous ?

Frédérique Bredin

Ce fut une immense victoire ! L’enjeu maintenant, est de la transposer en droit français. Le projet de loi audiovisuel va déterminer l’avenir de tout notre secteur. C’est l’opportunité de faire des plateformes de vrais partenaires de la création, avec notamment des obligations d’investissement ambitieuses.

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Quel est le rôle du crédit d’impôt dans la production cinématographique ?

Frédérique Bredin

Il est fondamental. Un film génère en moyenne 400 emplois directs. C’est une vraie PME. Depuis la réforme, la France est devenue une grande terre de tournage: plus de 500 millions d’euros de dépenses supplémentaires en 2018 et 15.000 emplois créés. En ce moment même, Wes Anderson (réalisateur américain, ndlr) tourne à Angoulême. C’est la plus grosse production internationale jamais réalisée en France.

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Joël Giraud, le rapporteur général du budget souhaite éplucher les factures des sociétés de production… Êtes-vous inquiète de cette annonce ?

Frédérique Bredin

Au contraire ! L’évaluation de l’impact de ces mesures est essentielle. Nous réalisons des contrôles très complets, avant et après les tournages. L’an dernier, deux évaluations indépendantes ont aussi été menées. Elles ont conclu à l’efficacité du dispositif et à la qualité du suivi.

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La création française est-elle limitée, voire en difficulté par rapport à la puissance de certaines plateformes numériques ?

Frédérique Bredin

La France est le 1er producteur de cinéma d’Europe. Les plateformes sont une opportunité formidable pour nos créateurs, mais à condition qu’elles s’engagent pour la diversité de la création et le respect de la valeur des œuvres. Nous soutenons depuis un an toute la nouvelle génération de créateurs qui a émergé sur ces plateformes.