Allemagne : les médias dénoncent une restriction du droit à l’information

Allemagne : les médias dénoncent une restriction du droit à l’information
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Une centaine d’organisations et de médias allemands fustigent le projet du gouvernement de restreindre l’accès aux documents officiels aux seules personnes démontrant leur «intérêt légitime à obtenir une information», et non plus n’importe quel citoyen comme c’est le cas depuis 2006. Dans une lettre ouverte publiée mardi, un total de 110 organisations, associations ou médias demande à la coalition du chancelier conservateur Friedrich Merz de revenir sur la réforme de la loi sur la liberté d’information (IFG) annoncée quelques jours plus tôt.

«Avec ces plans, des informations importantes seraient à l’avenir refusées aux journalistes et aux organisations de la société civile, et le principal instrument contre la corruption et les abus de pouvoir serait supprimé», estiment-ils.

«La perte du droit à la liberté d’information pour des millions de citoyens rend plus difficile une information fondée sur les faits, le contrôle public et l’engagement de la société civile», ajoutent-ils, soulignant que «la confiance dans la politique» en sortirait «affaiblie». Le gouvernement a récemment annoncé vouloir à l’avenir réserver ce droit à l’information, valable pour tous depuis 2006, aux personnes physiques – Allemands ou citoyens de l’Union européenne vivant en Allemagne – démontrant un «intérêt légitime.

Les personnes morales – ONG ou médias – en seraient donc exclues. Le plafond actuel de 500 euros pour les frais de dossier serait de plus supprimé, ce qui pourrait faire exploser les coûts de certaines demandes. Le gouvernement justifie ces mesures par la nécessité de réduire la bureaucratie, une des priorités du chancelier Merz, ainsi que par celle de protection des infrastructures critiques.

Un dernier argument rejeté par les signataires, pour qui les informations sensibles sont assez protégées aujourd’hui. Ils mettent en avant les récents scandales de lobbying découverts grâce à cet instrument de contrôle démocratique qui a montré son «efficacité» selon eux.

«Il est extrêmement préoccupant que l’on donne désormais l’impression que ce contrôle démocratique n’est plus souhaité», ajoutent-ils. L’Allemagne est classée 14e dans le classement 2026 sur la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières (RSF).

Mais en début d’année, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour la liberté d’opinion et d’expression avait dénoncé la réduction de «l’espace dédié à la liberté d’expression» dans le pays. Plusieurs poursuites judiciaires impliquant des journalistes, des responsables politiques ou encore de simples internautes ont illustré ces tensions ces derniers mois.

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