Berlin : plusieurs centaines de salariés d’Amazon manifestent contre leurs conditions de travail et salariales

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Plusieurs centaines de salariés d’Amazon ont manifesté contre leurs conditions de travail et salariales mardi à Berlin, où le patron du géant américain du commerce en ligne, Jeff Bezos, devait recevoir un prix. 
«Nous avons un problème international, nous avons un patron qui veut dans le monde entier américaniser les conditions de travail. Cela signifie un retour (à celles) du XIXe siècle», a dénoncé Frank Bsirske, le dirigeant de Verdi, principal syndicat allemand des services, lors du rassemblement devant le siège du puissant groupe de presse allemand Axel Springer. C’est une «provocation» de la part d’Axel Springer de lui remettre ce prix, a-t-il estimé. 
Munis de sifflets, de tambours et de pancartes proclamant «Make Amazon pay» («Faites payer Amazon»), les salariés – près de 800 selon Verdi – ont bruyamment manifesté alors que Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde, devait recevoir le Prix 2018 Axel Springer. Cette récompense est décernée à des personnalités qui font montre d’innovation par le groupe qui détient notamment le quotidien le plus lu en Allemagne, «Bild». 
Jeff Bezos a rejeté lors de la remise de son prix les critiques des salariés, se disant «très fier des salaires que nous payons». «Je suis très fier de nos conditions de travail», a-t-il encore déclaré, selon des propos rapportés en allemand par l’agence de presse allemande DPA. Les manifestants sont venus de six sites du groupe en Allemagne, selon Verdi, ainsi que de Pologne et d’Italie, où la grogne parmi les salariés qui dénoncent leurs conditions de travail ne cesse de monter. La dirigeante du Parti social-démocrate (SPD, partenaire de coalition d’Angela Merkel), Andreas Nahles, a jugé que M. Bezos «ne méritait aucun prix» en raison notamment des mauvaises conditions de travail sur les sites de son groupe en Allemagne. 
Le syndicat français CFDT a fait savoir que ce rassemblement berlinois visait notamment à «dénoncer les pratiques hors-la-loi et les conditions de travail désastreuses» des salariés du groupe. Il a également mis en avant les «nombreux accidents de travail qui ne sont pas déclarés» ou les salariés «qui sont tracés informatiquement et reçoivent des sanctions basées sur ces éléments». 
La grogne a gagné l’Italie, l’Espagne après l’Allemagne où le conflit, marqué par des grèves à répétition, dure depuis des années. En mars, les employés espagnols avaient pour la première fois cessé le travail pour protester contre une nouvelle convention collective. Amazon, pour qui l’Allemagne est le plus gros marché hors des Etats-Unis, ignore les revendications du syndicat Verdi, avec qui il refuse de négocier. La firme américaine emploie plus de 12.000 personnes en Allemagne.