Dans un marché en déclin, Prisma Média va poursuivre sa stratégie d’innovations tous azimuts

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Prisma Média va poursuivre sa stratégie  d’innovations tous azimuts, notamment dans la vidéo et l’audio, pour préserver sa croissance et sa rentabilité au sein d’un marché français en difficulté, a annoncé mardi son président Rolf Heinz.

Le dirigeant, à la tête depuis dix ans du groupe de presse hexagonal filiale du groupe allemand Bertelsmann, a souligné lors d’une rencontre avec des journalistes que Prisma avait enregistré en 2018 et depuis le début de l’année 2019 des performances à contre-courant d’un marché de la presse magazine globalement en déclin, tant en termes de diffusion que de recettes publicitaires.

Il a notamment cité «un revenu publicitaire en croissance», une diffusion en croissance, une activité numérique en hypercroissance (+35%), et «un résultat opérationnel de [son] coeur de métier en croissance importante», sans donner plus de chiffres.

Le tout avec une rentabilité opérationnelle qui se maintient depuis plusieurs années autour de 10%. Qualifiant ces résultats de «réussite», il les a mis sur le compte d’une  politique consistant depuis plusieurs années «à miser totalement sur le  développement» et l’innovation, quand les éditeurs concurrents se  concentraient sur des opérations de «restructurations, de consolidation, de  cessions ou de baisse des coûts». Le secteur de la presse magazine est en effet plongé dans un vaste mouvement de recomposition, avec notamment le projet de cession de Mondadori France au groupe Reworld, mais Prisma s’en en toujours tenu à l’écart.

La stratégie s’est traduite notamment par la création ces dernières années de laboratoires d’idées et d’incubateurs à projets, l’ouverture de plusieurs studios vidéos, puis d’un studio de podcasts et autres services audio.Aujourd’hui, Prisma, qui dit toucher plus de 80% des Français via ses marques (Femme Actuelle, Geo, Capital, Voici, Gala, Télé Loisirs…) produit chaque mois une dizaine de milliers de vidéos, qui génèrent 230 millions de vues par mois.

Dans l’audio, il fabrique une vingtaine de podcasts originaux, qui comptabilisent 4,9 millions d’écoutes, et se développe sur les assistants vocaux. Le groupe a aussi augmenté ses parutions de magazines, via des hors-série et extensions de marques («Femme Actuelle Senior», «Geo Aventure»…, lancé un média féminin 100% numérique (Simone), et ouvert une agence de conseil aux annonceurs, Ganz (clin d’oeil à son fondateur, Axel Ganz).

En revanche, il a essuyé un revers dans ses activités publicitaires, avec la fermeture, confirmée par Rolf Heinz, de ses régies dédiées à la publicité mobile et vidéo, Mobvalue et Advideum.

Ces filiales, qui employaient 37 personnes ont été selon lui victimes du bouleversement du marché lié à la généralisation de la publicité programmatique (vente automatisée).