Jean-Luc Hees, proposé par l’Elysée pour la présidence de Radio France, a mis en avant son «indépendance» politique lors de son audition mardi par la Commission des affaires culturelles du Sénat qui a donné son feu vert à sa candidature. La commission sénatoriale a approuvé cette candidature lors d’un vote à l’issue de l’audition par 20 voix pour, 19 votes blancs et aucun vote négatif. Le journaliste doit encore être entendu, mercredi, par la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale qui donnera à son tour son avis. Son nom pourra être officiellement proposé en Conseil des ministres si pas plus des trois cinquièmes des députés ou des sénateurs ne s’opposent à sa nomination. M. Hees avait déjà franchi une première étape après que le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) eut rendu le 8 avril un avis favorable à sa nomination. «J’ai eu un entretien avec le président de la République il y a quelques semaines (…). A aucun moment, je n’ai parlé du contenu des antennes ou des gens», a déclaré M. Hees aux sénateurs lors de son audition, précisant qu’il ne connaissait pas Nicolas Sarkozy auparavant. «Mes responsabilités précédentes au fil des années m’ont conduit par déontologie à établir une sorte de barrage entre la vie politique et moi», a-t-il ajouté. M. Sarkozy souhaitait «désigner un journaliste à la tête de Radio France», or «un journaliste est un professionnel indépendant qui n’obéit qu’à l’exercice de son métier», a fait valoir M. Hees. Le chef de l’Etat «m’a fait savoir très solennellement que jamais il ne me demanderait quoi que ce soit qui puisse heurter ma conscience ou mes convictions», a-t-il assuré. Trois semaines après son audition devant les membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Jean-Luc Hees a dressé à nouveau un bref tableau récapitulatif des antennes de Radio France. France Inter, navire amiral de Radio France et station au sein de laquelle Jean-Luc Hees a travaillé 30 ans, «tient son rang parmi les radios généralistes, mais elle a connu des jours meilleurs en terme d’audience», a-t-il déclaré. «En 2003, elle avait atteint 11,8% d’audience, aujourd’hui c’est 10,2%». M. Hees a été directeur de France Inter de 1997 à 2004 avant de devoir quitter son poste, après l’arrivée de Jean-Paul Cluzel à la tête de Radio France. Plusieurs sénateurs lui ont fait part de leur malaise sur cette nouvelle procédure de nomination instaurée par la nouvelle loi sur l’audiovisuel public. «Sarkozy peut vous révoquer du jour au lendemain», lui a rappelé Serge Lagauche (PS). M. Hees lui a répondu qu’il était «le moins bien placé dans cette salle pour commenter la réforme».


































