Fraudes en ligne : nouvelles arrestations de ressortissants chinois au Sri Lanka

Fraudes en ligne : nouvelles arrestations de ressortissants chinois au Sri Lanka

Neuf ressortissants chinois ont été arrêtés jeudi à l’aéroport de Colombo en tentant de faire entrer illégalement au Sri Lanka du matériel de communication dont les autorités pensent qu’il devait servir à des escroqueries en ligne, ont annoncé les douanes. Ces arrestations interviennent deux semaines après une vaste opération au cours de laquelle 152 étrangers, en grande majorité des Chinois, ont été interpellés dans la ville côtière de Chilaw, au nord de la capitale, soupçonnés par la police de se livrer à des escroqueries en ligne à partir d’un hôtel. Le mois dernier également, un raid de la police sri-lankaise avait permis de démanteler une organisation similaire et d’arrêter 135 ressortissants chinois. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a déclaré jeudi à Pékin que la Chine était disposée à «coopérer pour lutter en commun contre les activités criminelles, notamment la fraude en ligne». Dans cette dernière affaire, les douaniers ont intercepté 383 téléphones portables d’occasion, 101 tablettes, six routeurs wi-fi et des traceurs GPS pour un montant évalué à 24 millions de roupies sri-lankaises (65.000 euros environ), a expliqué un porte-parole des douanes. «Tout cet équipement a été découvert scotché sur le corps des suspects», a-t-il ajouté. Dans une affaire distincte, six autres passagers chinois ont été arrêtés jeudi au moment où ils tentaient de faire passer clandestinement 75.900 cigarettes dissimulées dans leurs bagages, selon les autorités. Les cigarettes, d’une valeur estimée à 11,3 millions de roupies (30.440 euros), ont été confisquées. Des bandes criminelles organisées ont utilisé des casinos, des hôtels et des complexes fortifiés en Asie du Sud-Est comme bases pour effectuer des escroqueries en ligne sophistiquées, trompant des personnes grâce à des systèmes d’investissement en cryptomonnaies et de fausses relations amoureuses, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Jusqu’à la répression entamée cette année, la région était l’épicentre de l’industrie de l’escroquerie en ligne, un secteur pesant des milliards de dollars, où des centaines de milliers de fraudeurs – certains victimes de traite d’êtres humains, d’autres volontaires – escroquent des internautes du monde entier.

L’ambassade de Chine à Colombo avait il y a peu de temps jugé que la forte progression de l’activité de ces filières criminelles au Sri Lanka était liée «aux infrastructures de télécommunication performantes du Sri Lanka, à sa position géographique favorable et à sa politique relativement tolérante en matière de visas». «C’est pourquoi de tels cas se sont récemment multipliés au Sri Lanka», avait ajouté l’ambassade, précisant que les escrocs ciblaient aussi des ressortissants chinois dans leur pays. En 2024, la police avait arrêté 230 Chinois et quelque 200 Indiens soupçonnés de se livrer à des escroqueries en ligne à partir du Sri Lanka.

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