Journalistes et spécialistes des questions de santé de radios et de grandes chaînes de télé se défendent d’avoir cédé à l’emballement dans le traitement médiatique de la pandémie de grippe H1N1, pointant la stratégie de communication du ministère de la Santé. «Nous avons participé, pas plus, mais pas moins que les autres à la trouille ambiante», juge aujourd’hui Hélène Cardin, journaliste sur France Inter. Depuis mai, la couverture médiatique de la pandémie en France a été souvent critiquée parce que jugée démesurée. «Nos autorités sanitaires et politiques ont décrété une sorte d’état d’urgence médiatique autour de cette question. Dès lors, on est obligés de s’y conformer», renchérit le directeur de la rédaction d’Europe 1, Laurent Guimier dont l’obsession était «de ne pas participer à un emballement». Difficile toutefois de prendre du recul. «A partir du moment où vous avez un point de presse tous les jours, non seulement du ministère de la Santé mais du ministère de l’Intérieur avec Brice Hortefeux parlant de vaccination, comment aller dire «non je n’y vais pas» ?», convient Hélène Cardin qui parle «d’échec complet de la communication du ministère». Pour le sociologue Michel Setbon, directeur de recherche au CNRS, la communication gouvernementale ne s’est pas emballée tout de suite. La difficulté pour les autorités était de choisir une option de départ: la pandémie va-t-elle tuer beaucoup de gens ou ne sera-t-elle qu’une grippette ? «Le plus gros problème est de n’avoir pas été en mesure de réviser la stratégie de communication au fur et à mesure des données qui tombaient», note-t-il jugeant qu’il allait «falloir en tirer certaines leçons».


































