Karine Leyzin, directrice des programmes de Gulli

A l’occasion de la présentation de la grille de rentrée de Gulli, première chaîne de la TNT avec 3,7% d’audience en août, Karine Leyzin, directrice des programmes expose pour média+ les objectifs de la chaîne.

média+: Vous avez lancé «Gulli mag» ainsi que des portails de VOD, sur les mobiles et sur Internet…Qu’espérez-vous de ces nouveaux supports ?

Karine Leyzin : On attend de pouvoir développer la marque sur du multi plateformes parce qu’on sait que la consommation des enfants évolue. Désormais, ils sont de plus en plus jeunes et de plus en plus capables de s’adapter à différentes plateformes. Ces dernières nous permettent de répondre à des besoins différents. A la télévision, nous donnons des informations mais sur Internet, il s’agit aussi de retrouver les adresses, les informations pratiques, d’aller un peu plus loin que ce qu’on peut faire en télévision. C’est un peu comme l’ancêtre du cd rom. Nous avons très envie d’être une chaîne de service au sens large. C’est une stratégie qui est adoptée par beaucoup de chaînes. On est confiant car aux Etats-Unis, il y a une parité de la consommation d’Internet et de la télévision. La France n’en est pas encore là mais nous sommes persuadés que si l’on parle des langues et de littérature en télévision, c’est important de pouvoir retrouver des informations qui permettent d’aller plus loin sur Internet. Gulli mag par exemple a un format très court mais ça peut être intéressant de pouvoir le recevoir sur le mobile pour avoir les informations près de chez soi et de le retrouver en vod pour revoir les images insolites et se faire un petit best of en vod .

média+ : Ce sera de la vod payante ou gratuite ?

Karine Leyzin : Pour l’instant, on en est aux prémices. L’univers payant est celui de Canal J et l’univers du gratuit c’est celui de Gulli. Dans les mois et les années à venir, ça serait intéressant de se retrouver avec des offres en premium avant toute autre chaîne. Par exemple, sur le site, il nous arrive de proposer gratuitement des épisodes avant leur diffusion en télé. Ça crée un buzz et les enfants sont très réactifs à la moindre information. C’est important pour eux d’avoir la primeur pour dire qu’ils l’ont vu en premier, tout ça dans la cour d’école. On est persuadé que jouer sur du multi plateforme crée du lien et des échanges concrets sur le terrain. C’est aussi une façon de s’accaparer la télévision. La télévision reste un media relativement passif aujourd’hui, nous avons la possibilité en étant sur du multi plateformes, d’être à la fois un media par lequel on reçoit l’information ou un divertissement et d’être aussi sur des medias qui nous permettent d’aller plus loin en faisant du téléspectateur un utilisateur actif.

média+ : Et les parents dans tout ça ?

Karine Leyzin : Les parents sont une cible depuis le lancement de la chaîne il y a deux ans. Nous avions déjà des programmes pour les parents lorsque les enfants sont à l’école ainsi que des programmes familiaux où il s’agit de débattre sur des thématiques qui concernent les parents, les enfants et qui permet de rapprocher des générations. C’est dans l’ADN de la chaîne et nous avons deux points très différents des autres chaînes jeunesse :
on crée du lien inter générationnel dans toute la famille au sens large et on développe l’aspect découverte qui fait partie de nos fondamentaux, ce qu’on retrouve peut-être un peu moins sur les autres chaînes jeunesse. Cela fait partie entre autres de notre spécificité.

média+ : C’est un moyen d’obtenir la confiance des parents ?

Karine Leyzin : Depuis le lancement, on fait très attention d’avoir des programmes de qualité. Il ne faut pas oublier qu’on est une chaîne qui appartient à 34% au groupe France Télévisions. On garde aussi en tête en permanence que l’on a une mission de service public. Tiji est la chaîne qui est la plus appréciée des parents pour l’univers payant, Gulli c’est la chaîne la plus appréciée des parents pour l’univers gratuit. On est dans une démarche où l’on ne choisit pas de diffuser un dessin animé violent même s’il peut faire de l’audience, donc forcément les parents ont confiance en la chaîne. Les parents d’aujourd’hui qui ont entre 35-40 ans ont grandi avec les mangas qu’on retrouvait dans «le club Dorothée». Ces parents sont maintenant très impliqués dans la consommation télé de leurs enfants parce qu’ils ont grandi avec des programmes violents et ne veulent pas cela pour leurs enfants.

média+ : Vous avez renouvelé la grille de rentrée à plus de 60%. Combien cela vous a-t-il coûté ?

Karine Leyzin : Gulli est une chaîne qui grandit. Avec les années, on essaye de développer notre capacité budgétaire pour investir dans les programmes. Il est évident qu’on investit majoritairement dans la création et dans la jeunesse et donc on adapte notre ligne éditoriale. C’est plus difficile à financer qu’une chaîne qui cible la ménagère de moins de 50 ans qui a un coût grp qui va être quatre fois supérieur à celui de la jeunesse. Aujourd’hui, nous sommes financés par la publicité mais notre principal moteur, ce sont les 4-10 ans, même si l’on gagne moins d’argent que si on ciblait la ménagère de moins de 50 ans ou les CSP+ qui rapportent plus. Les nouveautés sont plus faciles à apporter quand vous avez deux ans car on peut déjà commencer à amortir notre stock de programmes et cela permet d’investir sur de nouvelles choses dans les années qui suivent. C’est une logique assez fine de programmation et de gestion budgétaire.

média+ :Vous êtes numéro 1 de la TNT avec 3,7% d’audience en août. Pouvez-vous commenter ce chiffre…

Karine Leyzin : C’est pas la première fois que Gulli se retrouve première sur les 4 ans et plus. Notre objectif principal ce sont les enfants donc quand on est premier sur les 4 ans et plus, cela nous fait plaisir mais ce n’est pas notre objectif premier. On continue d’augmenter de façon significative sur les cibles enfants et c’est cela qu’on retient.

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