A l’occasion de la présentation de la grille de rentrée de Radio Classique, Frédéric Olivennes, directeur général, revient pour média+ sur les nouveautés de la station.
média+ : Quelles sont les nouveautés de la grille de Radio Classique cette année ?
Frédéric Olivennes : Sur les deux dernières saisons, nous avons beaucoup travaillé sur l’offre de programmation musicale même si nous avons crée aussi toute une identité. Cette saison est plutôt marquée par un travail sur le talk considérant les résultats tout à fait encourageants qui ont été enregistrés par la radio depuis deux ans. Etant donné l’originalité de notre format, nous nous sommes penchés sur la partie parlée c’est-à-dire le 6h00-9h00 et le 18h00-20h00 du lundi au vendredi. De 6h00 à 9h00, on passe cette fois véritablement une étape par rapport à une situation historique où Radio Classique était un peu deux radios en une: c’est-à-dire un programme d’information très macro-économique puis une programmation de musique classique. Aujourd’hui, on franchit la dernière étape dont on avait besoin pour mettre en cohérence la partie parlée et la partie musicale. Donc, nous avons les matinales d’informations, c’est à dire un 6h00-9h00 qui continue à délivrer toute l’information qu’il faut avoir le matin avec l’actualité et le business, cette case a vu son audience doubler en deux ans. Mais le ton a radicalement changé pour être beaucoup plus chaleureux et convivial. Cela va se traduire par la succession de Guillaume Paul de 6h00 à 8h00 et de Olivier Nahum de 8h00 à 9h00. La tranche 8h00-9h00 est l’heure la plus encore orientée vers le débat. Elle est plus un talk d’actualité qu’un rendez-vous d’information. Donc, c’est un changement assez radical par rapport à l’année dernière. Nous avons tenu compte d’un certain nombre d’études pour faire ce changement. La deuxième grande nouveauté c’est le 18h00-20h00. On a déplacé l’interview de Jean-Luc Hees qui était de 18h00 à 19h00 sur la tranche 19h00 à 20h00 car on pense que cet horaire est meilleur par rapport au public que l’on vise autour de ce rendez-vous. (Cible :CSP+). De 18h00 à 19h00, Jean Luc Hees présente une tranche d’actualités artistiques et culturelles qualitatives, haut de gamme mais sur de l’information grand public quand même.
média+ : Quel a été votre budget pour ces nouveautés ?
Frédéric Olivennes : Nous avons un budget constant. Nous n’avons pas plus ou moins de budget. L’audiovisuel payant est une économie de coûts fixes. L’objectif de notre métier c’est de maintenir nos charges les plus stables possibles pour que nos activités soient rentables, surtout dans une conjoncture publicitaire compliquée comme c’est le cas en ce moment. La variable financière n’est pas une variable extrêmement mobile surtout après un 2ème trimestre qui a été assez dur en publicité pour tout le monde. Nous avons eu un bon 1er semestre. Radio Classique est dans une phase de progression forte de son attractivité vis-à-vis du secteur publicitaire. Il n’y a pas de nouveaux budgets spécifiques alloués à la fabrication de ces éditoriaux.
média+ : Quels sont vos objectifs d’audiences et de chiffre d’affaires pour 2008 ?
Frédéric Olivennes : On a une 1ère étape à franchir qui est d’arriver à 1 million d’auditeurs par jour, ce qui devrait nous amener à 2% d’audience cumulée en national. Nous avons eu une progression de 50% de notre chiffre d’affaires en 2006 par rapport à 2005 et nous avons bien l’intention d’avoir le même genre de progression sur cette année sachant qu’on est bien partie puisqu’on a près de 20% d’augmentation sur le 1er trimestre. C’est la condition pour atteindre la rentabilité. On est encore une entreprise qui n’est pas à l’équilibre d’exploitation, qui ne sera pas atteint sur l’exercice 2007 mais en 2008.
média+ : Vous avez développé quatre web radios. Croyez-vous au potentiel d’Internet ?
Frédéric Olivennes : Oui je crois au potentiel d’Internet pour la radio mais il y a un certain nombre d’étapes à respecter. Je ne crois pas à de simples flux musicaux qui deviendraient des radios sur le net. La radio, c’est de la personnalité et de ce point de vue, nous avons une impossibilité de la part des petits opérateurs qui voudraient faire de la web radio sur le net, d‘avoir les moyens des grandes radios. Vous avez la possibilité d’écouter des radios sur le net qui existe déjà en FM et dans ce cas, le net n’est qu’un tuyau et c’est ce sur quoi on mise beaucoup. Mais si ce sont des créations de nouvelles offres éditoriales on line, il faut un savoir-faire, des moyens, des présentateurs, des équipes…
média+ : Et cela, vous comptez le développer prochainement ?
Frédéric Olivennes : Il n’y a pas encore de modèle économique pour cela. Mais en faisant des web radios, en rapprochant la musique par genre on crée des produits dérivés de Radio Classique qui peuvent être intéressants sur des micro cibles. C’est un modèle que l’on développe maintenant. D’ailleurs, notre objectif c’est de créer des web radios sur mesure pour les annonceurs. Nous pensons que le modèle d’une web radio purement musicale a l’air de commencer à se construire de façon assez forte en terme d’audience sur le net. C’est le modèle de la playlist semi-interractive. Je fais partie de ceux qui pensent que l’interactivité en matière d’offre web a quand même ses limites. Pour la fiction, les gens vont être amenés à faire de plus en plus appel à la VOD…Mais la radio est un accompagnateur dans les moments de la journée: on veut appuyer sur le bouton, que ce soit agréable, puis éteindre quand on a plus envie d’écouter. Cette fonction reste importante et elle n’est pas prête d’être détrônée par des systèmes d’écoutes interactives.
média+ : Allez-vous développer de nouvelles web radios ?
Frédéric Olivennes : Oui, il y en a une dizaine qui sont prévues. Quatre sont mises en ligne dont «Zen o buro», «Radio classique lounge»…On va toujours aller vers, soit des web radios autour d’événements, soit des web radios en style de vie.
média+ : Autour de quels événements par exemple?
Frédéric Olivennes : On aurait fait une web radio Pavarotti, pour coller avec l’actualité. Mais c’est compliqué pour les droits concernant les contrats que nous signons avec les sociétés d’auteurs ou les droits d’éditeurs. Il y a des contraintes qui font que l’on ne peut pas se substituer à une compilation. Les éditeurs font attention à ce que les web radios ne soient pas des freins ou des concurrents gratuits à la commercialisation des fonds de catalogues. Ils ne permettent pas de faire tout et n’importe quoi sur Internet.



































