La chaîne géorgienne Imedi autorisée à reémettre

La chaîne de télévision Imedi TV, principal média d’opposition en Géorgie, a été autorisée jeudi à réémettre après presque un mois de silence imposé par le président Mikheïl Saakachvili lors de la proclamation de l’état d’urgence, ce qui avait suscité les critiques des Occidentaux. «Le juge Guiorgui Chavliachvili a décidé de satisfaire la requête du parquet et le décret sur la saisie des biens d’Imedi est annulé», a déclaré la porte-parole du tribunal, Natia Tchintcholava.Selon le jugement, les journalistes et techniciens sont autorisés à reprendre possession des lieux à partir de vendredi. «Nous négocions avec le Parquet général et peut-être qu’un petit groupe de nos techniciens, ainsi que moi-même, serons autorisés à entrer dans les locaux aujourd’hui (jeudi) pour commencer l’inspection de l’état technique de nos équipements», a cependant déclaré le directeur général d’Imedi TV, Bidzina Baratachvili. «Le pouvoir a pris cette décision sous la pression et en raison de la volonté du peuple géorgien», a réagi dans un communiqué Badri Patarkatsichvili, co-propriétaire de la chaîne au côté du groupe de médias News Corp de Rupert Murdoch et opposant au président Mikheïl Saakachvili. Le Parquet général avait demandé mercredi la réouverture d’Imedi TV après des déclarations de la présidente par intérim, Nino Bourdjanadzé, sur une réouverture prochaine de la chaîne. Au soir du 7 novembre et de la répression brutale par les policiers anti-émeute d’une manifestation d’opposition, des membres des forces spéciales avaient investi le siège d’Imedi TV, expulsant les journalistes avant d’en interdire l’accès. Selon des témoignages de journalistes et de diplomates occidentaux qui ont pu se rendre sur place, le matériel de montage et de diffusion a été en partie saccagé ou emporté. Le président géorgien avait ouvertement accusé l’oligarque Badri Patarkatsichvili, réputé homme le plus riche de Géorgie, de travailler avec les services spéciaux russes et de chercher à le renverser, notamment en utilisant Imedi TV. Et la justice géorgienne accusait la chaîne d’avoir relayé les appels à un renversement du pouvoir, notamment ceux de M. Patarkatsichvili, qui a «exprimé ouvertement un désaccord fort avec le gouvernement légitime de Géorgie». Dans la foulée, la Commission des communications avait suspendu la licence d’Imedi pour trois mois, soit au-delà de la présidentielle anticipée du 5 janvier.

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