La commission Copé, chargée de proposer au chef de l’Etat les contours d’une «nouvelle télévision publique» sans publicité, a présenté mercredi un «modèle transformé» de France Télévisions, prévoyant des «synergies» entre les unités de production des différentes chaînes. Le président de la commission, le président du groupe UMP à l’Assemblée Jean-François Copé, a exposé à l’occasion d’un point de presse une organisation «matricielle» de l’entreprise, avec du point de vue horizontal des contenus «qui fonctionneraient en synergie» et, du point de vue vertical les différents supports. En ce qui concerne le pôle horizontal, a précisé le président de la commission, il y aurait «une répartition des unités éditoriales par genre». Il a donné comme exemple des unités «information», «sport», «fiction», «savoir et connaissance», «jeunesse», «culture», «cinéma». L’idée, a-t-il précisé, est «de rechercher des synergies», d’éviter «des mises en concurrence inutiles». Concernant les supports, il a mentionné les cinq chaînes existantes (France 2, France 3, France 4, France 5, France ô), avec une «identité à renforcer et à clarifier pour chaque chaîne», et un portail Internet unique «regroupant les sites existants, les nouvelles chaînes thématiques, le système de vidéo (catch-up TV, VoD, etc) et tous les autres supports qui vont naître dans les prochaines années, avec l’évolution des technologies». Un pôle «nouvelles technologies» serait créé pour «assurer le développement technologique du groupe, accompagner le passage au numérique et gérer la présence de la marque sur les nouveaux médias». Le président de la commission a cependant évité de trancher sur une éventuelle fusion des rédactions des différentes chaînes de France Télévisions au sein d’une unité unique d’information. «Lorsque nous parlons d’unité, nous ne renonçons pas à la notion d’identité. Il s’agit simplement de dire qu’il faut des synergies (…). Nous ne parlons pas de fusion», a déclaré Jean-François Copé. Pour Jean-François Téaldi, membre de l’intersyndicale de l’audiovisuel public et délégué SNJ-CGT de France Télévisions, Jean-François Copé «est un menteur». «Derrière l’idée d’unité rédactionnelle, il y a celle d’éditeur unique, car demain l’ensemble des journalistes travailleront indifféremment pour l’un ou l’autre des journaux nationaux», estime le syndicaliste. «A terme, on va assécher le 19/20 de France 3» et «aboutir à la suppression de la rédaction de la 3», donc à une «restriction du pluralisme de l’information au sein du service public», a-t-il déclaré. Jean-François Copé a présenté par ailleurs le calendrier de travail de la commission, avec une réunion le 21 mai consacrée au financement, le 4 juin consacrée à l’identité des chaînes et au contenu des programmes du service public, le 11 juin consacrée à la gouvernance de l’entreprise, et le 18 juin consacrée au rapport final qui doit être remis le 25 juin au président de la République.



































