La crise financière plane sur le Mipcom 2008, l’un des principaux marchés de contenus audiovisuels, mais les participants tentent de se rassurer en soulignant que la télévision est le loisir de choix des ménages en période de difficultés économiques. Les dernières décennies montrent que «l’industrie du divertissement se débrouille plutôt bien en période de crise économique car les gens cherchent des moyens de s’échapper» de leur quotidien, déclare Philippe Dauman, directeur général du groupe de médias Viacom, qui vient pourtant de revoir à la baisse ses prévisions de résultats pour le troisième trimestre 2008. «Ils veulent être divertis, surtout lorsque les temps sont difficiles», ajoute le patron de groupe, qui détient notamment le studio Paramount et le réseau MTV. Même son de cloche chez FremantleMedia: «en temps de crise, on passe plus de temps devant la télévision», qui est un loisir gratuit, souligne Rob Clark, responsable chez le géant des programmes de divertissement. Nicolas Deschamps, responsable des achats chez Arte, prévoit que les grands sujets de société et les grands reportages risquent d’être plus que jamais délaissés au profit de la comédie et du divertissement. Dans ces périodes, les chaînes «cultivent moins l’esprit d’aventure et d’ouverture», regrette-t-il, rappelant que la télévision, ce sont des programmes et des valeurs. Cet habitué note cette année «une moins grande effervescence qu’il y a seulement six mois», lors du MipTV, le marché qui se déroule en avril. La crainte des participants porte sur le marché publicitaire, qui devrait chuter de quelque 10% en 2009, selon les analystes.



































