La justice russe maintient en prison la journaliste russo-américaine Alsu Kurmasheva, a indiqué son employeur, le média Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL)

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La justice russe a rejeté mardi un appel de la journaliste russo-américaine Alsu Kurmasheva, la maintenant en détention provisoire au moins jusqu’au 5 août, a indiqué son employeur, le média Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL). Âgée de 47 ans, elle avait été arrêtée en Russie en octobre 2023 au cours d’un voyage d’ordre privé.

Elle est accusée de ne pas s’être enregistrée en tant qu’«agent de l’étranger», qualificatif infamant qui impose aux personnes ou entités visées de lourdes contraintes administratives. Selon RFE/RL, elle est également accusée de diffusion de «fausses informations» sur l’armée russe, passible de 15 ans de prison.

Mme Kurmasheva avait fait appel devant la Cour suprême du Tatarstan (centre), région de Russie où elle est détenue, de la prolongation de sa détention provisoire jusqu’au 5 août prononcée en mai. L’instance a ainsi rejeté mardi sa demande.

La journaliste, qui résidait avant son arrestation à Prague avec son mari et ses deux filles adolescentes, était allée en Russie pour rendre visite à sa mère malade le 20 mai 2023 mais n’avait pas pu repartir, ses passeports américain et russe lui ayant été confisqués. Quelques mois plus tard, elle fut arrêtée. D’après des médias russes, l’accusation de diffusion de «fausses informations» portée contre elle est liée à sa participation à la publication d’un livre de témoignages de Russes opposés à l’offensive en Ukraine. La Russie a engagé une répression sans merci des détracteurs du Kremlin et de son offensive contre l’Ukraine.

Washington accuse aussi Moscou de procéder à des arrestations injustifiées de citoyens américains pour pouvoir les échanger contre des Russes détenus en Occident.

Autre journaliste américain détenu en Russie, Evan Gershkovich a été interpellé en mars 2023 en plein reportage et est depuis détenu à Moscou pour des accusations d’espionnage qu’il rejette.

Il risque 20 ans de prison au terme de son procès qui s’ouvrira le 26 juin à Ekaterinbourg, dans l’Oural. Alsu Kurmasheva, qui a rejoint RFE/RL en 1998, travaille pour son service en langues tatare et bachkire, couvrant ces minorités ethniques de Russie peuplant en particulier le Tatarstan et le Bachkortostan (centre), des régions de la Volga et de l’Oural.