L’action Publicis chute en Bourse, les investisseurs inquiets de l’impact de l’IA

L’action Publicis chute en Bourse, les investisseurs inquiets de l’impact de l’IA

L’action du géant français Publicis, numéro 3 mondial de la publicité, a dévissé de plus de 10% mardi à la Bourse de Paris, après la publication de ses résultats financiers annuels, les investisseurs s’inquiétant de la concurrence que représente l’intelligence artificielle (IA) pour le secteur. Vers 16h20 heure de Paris (15h20 GMT), le titre Publicis chutait de 8,96%, à 78,64 euros. Sur les douze derniers mois, il accuse un repli de plus de 20%, portant désormais sa capitalisation boursière à environ 22 milliards d’euros. «Les perspectives financières pour 2026 sont moins élevées que ce que le marché imaginait et cela a donné du grain à moudre aux investisseurs qui depuis fin 2022, au moment de la sortie de ChatGPT, ont commencé à questionner la compétitivité du secteur publicitaire face à l’essor de l’intelligence artificielle», a expliqué Lionel Melka, gérant de Swann Capital. «Les investisseurs se disent que les espaces publicitaires d’aujourd’hui vont changer et vont basculer sur les robots conversationnels, laissant un flou sur la façon dont les grandes agences seront touchées», a-t-il poursuivi. En 2025, Publicis a enregistré une hausse de 5,6% de ses revenus organiques, dépassant ses objectifs, mais le groupe prévoit pour 2026 une croissance comprise entre 4% et 5%, décevant les investisseurs. Face aux débats sur l’IA, le géant français a pourtant montré son assurance en affirmant y voir «un accélérateur de croissance et de différenciation», a déclaré Arthur Sadoun, PDG de Publicis, lors d’un échange avec la presse en marge de la présentation des résultats du groupe. «Il y a tout ce débat sur:»est-ce que l’intelligence artificielle aide ou pénalise notre secteur?» Chez Publicis, cela nous permet de gagner des parts de marché», a-t-il affirmé. Le groupe a dépensé un milliard d’euros en 2025 pour des acquisitions ciblées dans les données, l’IA et l’influence. Il envisage la même enveloppe pour cette année. Publicis a notamment acquis l’an passé les entreprises américaines Captiv8, spécialisée dans le marketing d’influence grâce à des outils d’IA, la société Lotame, spécialisée dans la gestion de données, Hepmil Media, agence d’influenceurs en Asie du Sud-Est ou encore BR Media, société de marketing d’influence et contenus en Amérique Latine. «Hors Publicis, le marché est en déclin», a souligné M. Sadoun. WPP, concurrent britannique de Publicis, a connu une année catastrophique, tandis que le numéro un mondial, l’américain Omnicom, qui a avalé Interpublic Group of Companies (IPG), a affiché des résultats contrastés plusieurs trimestres de suite. Par ailleurs, «dans un environnement de ralentissement pour les entreprises, le marché intègre que les dépenses publicitaires sont parmi les premières victimes des coupes budgétaires», a noté M. Melka.

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