Le 26èmeFespaco marqué par les révélations d’abus sexuels contre les femmes

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Le 26e Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), qui s’est achevé samedi avec la proclamation des prix, a été marquée par la révélation d’abus sexuels contre les femmes dans le cinéma africain, touchant aussi bien les actrices que les réalisatrices et les techniciennes. Inspirées par les mouvements #MeToo et #Balancetonporc, deux actrices, la Française Nadège Beausson-Diagne et la Burkinabè Azata Soro, ont accusé des cinéastes africains de harcèlement sexuel et d’agressions contre elles.Deux collectifs de femmes, «Cinéastes non-alignées» et «Noire n’est pas mon métier», ont lancé un mouvement,  #Memepaspeur, pour «libérer la parole des femmes» en Afrique, espérant encourager d’autres femmes à témoigner. Une pétition en ligne a été lancée pour exclure de la compétition la série «Le Trône» du cinéaste burkinabè Tahirou Tasséré Ouedraogo, qui, lors du tournage en 2017, a lacéré le visage d’Azata Soro avec un tesson de bouteille. La chaîne internationale francophone TV5Monde, qui avait préacheté la série, a annoncé samedi dans un communiqué qu’elle ne la diffuserait pas, et qu’elle mettait fin à toute collaboration avec M. Ouedraogo (frère du célèbre cinéaste Idrissa Ouedraogo décédé en 2018). A noter que les festivaliers ont afflué dans la capitale du «pays des hommes intègres», qui comme tous les deux ans (le Fespaco étant biennal) a connu une belle animation. Aux projections des films en compétition, surtout les séances du soir, les organisateurs ont dû refuser du monde. Restaurants et hôtels ont fait le plein, certains festivaliers devant loger chez l’habitant, a rapporté le directeur de l’Observatoire national du Tourisme, Bassirou Balboné. Le 19e Marché international du cinéma et de la télévision africains (MICA), qui se tenait en parallèle du Fespaco, a également été un succès avec un grand nombre d’exposants et de visiteurs, selon Alain Modot, vice-président de la société de distribution DIFFA, spécialisée sur les films africains. Au total 165 films de 16 pays africains ont été présentés au Fespaco dans les différentes sections, longs métrages, courts métrages, documentaires, séries télé, films d’animation, ainsi que films d’écoles africaines de cinéma. Pour fêter le cinquantenaire du festival, des rétrospectives des classiques du cinéma africain et des films lauréats de l’Etalon d’Or ont été diffusés au cours de séances ambulantes dans les quartiers populaires.