Blancs et issus de milieux plutôt aisés: les journalistes affichent souvent ce profil. Les écoles de journalisme et les employeurs ont lancé récemment des initiatives pour que les rédactions reflètent mieux la population française, mais les progrès sont lents.Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) réunit vendredi les dirigeants des douze écoles de journalisme reconnues par la profession. «On veut comprendre si le blocage se fait avant la formation» ou au moment de l’embauche, explique Rachid Arhab, membre du CSA et chargé notamment de travailler sur la diversité. Selon Pascal Guénée, directeur de l’Institut pratique de journalisme (IPJ) de Paris, la prise de conscience des instituts de formation «remonte à trois ou quatre ans». L’IPJ a ouvert une section parallèle à sa promotion «classique», qui compte une douzaine d’étudiants alternant formation en école et apprentissage en entreprise. Il recrute ces étudiants, issus de la diversité sociale ou ethnique, dans les facultés de la région parisienne, ou via des conseillers d’orientation de banlieue. L’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille a signé un partenariat avec le blog participatif Bondy Blog –créé en 2005 durant la crise des banlieues– pour créer une classe préparatoire aux écoles de journalisme, ouverte aux étudiants issus de la diversité. Au Centre de formation des journalistes (CFJ), des anciens préparent gratuitement aux concours des jeunes boursiers. Du côté des employeurs, Radio France, France Télévisions et l’Agence France-Presse ont signé une convention avec l’IPJ pour prendre en apprentissage les étudiants. TF1 a elle créé une fondation qui s’adresse aux jeunes des banlieues pourvus d’une expérience professionnelle dans l’audiovisuel mais sans formation. Sur 300 candidats, huit ont été retenus en septembre pour un CDD de deux ans, à des postes de journaliste, réalisateur, technicien.




































