Les cinq dates qui ont marqué l’histoire de SFR

Les cinq dates qui ont marqué l’histoire de SFR

Après plusieurs mois de négociations, les 4 opérateurs français pourraient officialiser vendredi un accord définitif sur la vente de SFR à ses concurrents Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange. Si l’issue de la période de négociations exclusives reste à ce stade incertaine, l’opération pourrait aboutir à la disparition de l’opérateur au carré rouge, créé en 1987. Retour sur l’histoire de SFR en 5 grandes dates.

– 1988: fin du monopole d’État : La société française du radiotéléphone fait son apparition sur le marché en 1988, quand le gouvernement l’autorise, quelques mois après sa création, à exploiter un réseau de télécommunications. Une étape décisive dans le secteur: l’arrivée de SFR, filiale de la Compagnie générale des eaux (CGE), en tant que deuxième opérateur, acte la fin du monopole d’État dans les télécommunications, alors détenu par France Télécom, ancêtre d’Orange. Le nouveau concurrent entre dans la course à la téléphonie mobile, une technologie encore balbutiante et qui n’a alors pas gagné le grand public. Pendant la décennie 1990, le développement du marché s’accélère, avec l’arrivée d’un troisième opérateur, Bouygues Telecom, en 1994, et des forfaits téléphoniques. Fin 1998, la France passe le cap des 10 millions d’abonnés mobile.

– 2007: SFR se lance dans le fixe: Jusque-là seulement présent sur le segment de la téléphonie mobile, SFR étend ses offres, et propose à partir de 2007 un abonnement ADSL. Une arrivée permise grâce au rachat l’année précédente de l’opérateur Tele2, spécialisé dans le fixe. Le marché des télécommunications est alors en phase de consolidation, et SFR veut concurrencer Orange, qui opère à la fois sur le mobile et le fixe. La même année, SFR accélère, en annonçant le rachat de l’opérateur fixe Neuf Cegetel, dont il était déjà actionnaire principal.

– 2011: une déclinaison «discount»: En octobre 2011, la marque SFR se dédouble avec l’arrivée de «Red», clin d’oeil à la couleur signature de l’opérateur. Avec quatre nouveaux forfaits, SFR met en avant des «prix très agressifs», et imite ses concurrents Orange et Bouygues Telecom, qui ont déjà créé leurs marques discount. Les opérateurs se préparent alors à l’arrivée du fournisseur d’accès à internet Free sur le marché du mobile. En janvier 2012, le quatrième opérateur débarque avec deux offres, à 19,99 euros et 2 euros, les moins chères du marché, et son patron Xavier Niel entend «révolutionner» la téléphonie mobile. Sur un an, ce nouvel arrivant recrute plus de 5 millions d’abonnés mobiles, et pousse ses concurrents à baisser leurs prix pour rester dans la course. La même année, les tarifs des abonnements baissent de 15%.

– 2014: rachat par Patrick Drahi: Depuis sa création en novembre 1987, SFR est resté sous le contrôle de la Compagnie générale des eaux, rebaptisée Vivendi en 1998, et alternativement principal ou seul actionnaire de cette filiale télécoms. Les choses changent en 2014, quand Vivendi annonce son intention de céder l’opérateur. S’engage alors un long bras de fer entre Bouygues, candidat soutenu par le gouvernement de l’époque, et Altice, maison mère de l’opérateur par câble Numericable. En fin d’année, Patrick Drahi, actionnaire principal d’Altice, met finalement la main sur SFR, une opération financée par un important endettement. Le milliardaire franco-israélien achète quasi simultanément Virgin Mobile et Portugal Telecom.

– 2025: Altice restructure sa dette : Confronté à un mur de dettes, après la remontée des taux d’intérêt, Altice France parvient à faire passer sa dette colossale de plus de 24 milliards à 15,5 milliards d’euros en octobre 2025, au terme d’un accord avec ses créanciers. Ces derniers obtiennent en échange 45% du capital d’Altice France, Patrick Drahi restant l’actionnaire principal. L’opération provoque l’opposition des syndicats, qui tentent de l’empêcher, craignant que cela ne conduise à une vente de SFR et à des milliers de postes menacés.

Aucun article à afficher