Les milliardaires des médias français

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La plupart des médias français sont financés par des patrons, des familles ou des grands groupes. Parmi eux, des milliardaires ont investi de manière plus ou moins importante dans l’information. 

– Bernard Arnault, leader du luxe et de la presse éco : Le PDG du numéro un du luxe LVMH est actionnaire, via son groupe du quotidien économique «Les Echos», du «Parisien» et de sa déclinaison «Aujourd’hui en France», et de Radio Classique. Le groupe de Bernard Arnault, détenteur de la 3ème fortune mondiale avec 131 milliards d’euros selon le magazine «Forbes», a pris l’an dernier 40% du groupe de médias Challenges, éditeur du magazine économique du même nom et de «Sciences et Avenir».   

– François Pinault, opinion et Gotha: Autre grand nom du luxe avec son groupe Kering, François Pinault, dont la fortune s’élève à 37 milliards d’euros d’après «Forbes», détient au travers de sa holding personnelle Artemis, l’hebdomadaire de droite «Le Point». Il fait également partie du consortium propriétaire de «Point de vue, le magazine des têtes couronnées».  

– La famille Dassault, fidèle au Figaro: Depuis 2004, la famille Dassault, dont la fortune est estimée à plus de 20 milliards d’euros par «Forbes», est propriétaire du groupe Le Figaro, propriétaire du quotidien de droite et de ses magazines. Le Figaro détient également les médias en ligne Wansquare et «La lettre de l’Expansion», spécialisés dans l’information économique et financière.  

– Patrick Drahi, le magnat pressé : L’entrepreneur à la triple nationalité (française, israélienne et portugaise), propriétaire du groupe Altice, est entré dans l’information en 2014 avec le rachat du quotidien de gauche «Libération» qu’il a renfloué. Un an plus tard, il se constitue un empire médiatique en acquérant le groupe NextRadioTV (devenu Altice Media), propriétaire de BFMTV et RMC, en plus d’autres titres de presse, dont l’hebdomadaire «L’Express». Depuis, le magnat des télécoms, qui pèse 10 milliards d’euros selon «Forbes», a réduit ses participations: sortie de «L’Express» repris par Alain Weill et transfert de «Libération» à un fonds de dotation.  

– Xavier Niel, l’iconoclaste : Xavier Niel, patron de Free, est entré en 2010 au capital du groupe Le Monde (comprenant aussi «Télérama», «La Vie», «Courrier international») aux côtés du banquier d’affaires Matthieu Pigasse (avec qui il rachète en 2014 l’hebdomadaire «l’Obs») et du mécène Pierre Bergé, décédé depuis. Via sa holding NJJ, le trublion des télécoms a développé son propre portefeuille de médias, alternant investissements personnels («Nice-Matin», «France-Antilles») et prises de participations minoritaires (Les Jours, «La Provence», Mediapart). L’an dernier, il a rendu incessibles ses parts dans le groupe Le Monde et «L’Obs», les transmettant à un fonds de dotation auquel il compte apporter à terme ses autres participations majoritaires au sein des journaux français.  

– Bolloré, le raideur influent : L’homme d’affaires Vincent Bolloré, à la tête d’un groupe diversifié dans les technologies et la logistique et propriétaire du quotidien gratuit CNews (ex-Direct Matin), s’intéresse aux médias dès les années 2000. Il troque en 2011 ses chaînes de la TNT contre des parts de Vivendi (propriétaire du groupe Canal+) dont il prend le contrôle. C’est avec Vivendi qu’il part en 2020 à la conquête du groupe Lagardère (Europe 1, «JDD», «Paris-Match», Hachette) dont il prévoit la prise de contrôle intégrale en février. En mai 2021, il est devenu propriétaire de Prisma Media («Femme actuelle», «Géo», «Gala», «Capital»), premier groupe de magazines en France. En Europe, il est également actionnaire minoritaire du groupe espagnol Prisa («El País», «Le Monde») et des géants italiens Mediaset et Telecom Italia.