Au CSA, une équipe d’observateurs, les yeux rivés sur des écrans d’ordinateurs, décortique avec minutie les programmes de télévision pour s’assurer du respect du pluralisme avant l’élection présidentielle. Depuis la tour Mirabeau au bord de la Seine, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel surveille le traitement des différents candidats par les grandes chaînes de télévision TF1, France 2, France 3 national, Canal+ (en clair) et M6. Pour les autres télévisions et les radios, le CSA s’en remet aux déclarations des différents diffuseurs. Mardi 11h00, Yann, étudiant en Sciences politiques, visionne la «Matinale» de Canal+ diffusée lundi, au lendemain de la désignation de Nicolas Sarkozy comme candidat de l’UMP. Une journaliste lance le sujet. Yann clique sur la souris de son ordinateur: 18 secondes de «temps d’antenne» pour le candidat. «Le logiciel calcule tout», explique le jeune homme. Vient un reportage sur l’entourage du ministre de l’Intérieur. Claude Guéant, directeur de campagne, prononce quelques mots: 4 secondes tombent dans l’escarcelle du «temps de parole de Nicolas Sarkozy et de ses soutiens». «Il faut être très rigoureux et vigilants. Nous comptons à la seconde près», souligne l’étudiant. A ses côtés, des jeunes femmes visionnent les autres grandes chaînes. Le CSA emploie actuellement une douzaine d’observateurs, des étudiants «aimant la politique», qui travaillent par vacation de quatre heures. Ils créent une base de données très précise. Sont concernés tous les programmes comportant des éléments politiques, y compris les magazines ou les émissions de divertissement susceptibles de donner la parole à des candidats ou à leurs soutiens, explique le CSA. «Tout est ensuite revisionné par une équipe composée d’un chargé de mission et de ses assistants», indique un cadre du CSA qui travaille sur les questions de pluralisme et ne souhaite pas être cité.


































