Le groupe M6 a présenté mardi un chiffre d’affaires (c.a.) en recul de 5,5% au premier trimestre 2026 par rapport à l’année dernière, en raison notamment d’un marché publicitaire en difficulté à cause du ralentissement de l’activité économique. Le marché est «difficile» pour les annonceurs, qui souffrent notamment des incertitudes liées au contexte international, a expliqué le directeur financier du groupe, Jérôme Lefébure.
Le c.a. s’est établi à 297,7 millions d’euros sur le trimestre, contre 315 millions il y a un an, malgré une légère progression de la part d’audience des chaînes de télévision et la bonne performance du streaming (+14% d’utilisateurs sur la plateforme M6+). M6 se félicite que «grâce à une forte maîtrise des coûts, l’Ebita (résultat opérationnel courant, ndlr) consolidé atteint 49,1 millions d’euros», soit une hausse de un million d’euros par rapport à il y a un an. La part d’audience des quatre chaines du groupe (M6, W9, 6ter et Gulli) est en hausse de 0,4 point à 20,6% sur les 25-49 ans. En revanche, M6 a vu ses audiences reculer de 0,8 point en raison notamment de la concurrence des Jeux olympiques d’hiver diffusés sur France Télévisions. La chaîne a ainsi réservé ses programmes forts, comme Top Chef, pour le mois de mars. «W9 est la première chaîne de la TNT sur l’ensemble du public», a en revanche souligné Jérôme Lefébure. La chaîne profite notamment du succès de Tout beau tout 9, l’émission de Cyril Hanouna, qui «rassemble un public très fidèle». Le groupe M6 se prépare désormais à la Coupe du monde de football 2026, dont il a acheté les droits pour la diffusion des 54 matchs en clair de la compétition, pour un montant qui n’a pas été dévoilé. Cet évènement, dont l’acquisition des droits est extrêmement coûteuse, va avoir un impact sur les bénéfices du groupe en 2026. «On est sur notre trajectoire de vente mais le surcoût cette année de la Coupe du monde sera sûrement supérieur à la sur-recette» générée par les annonceurs, a anticipé M. Lefébure.
Les trois quarts de la facture liée aux droits de diffusion ont été réglés. La trésorerie du groupe devrait donc être positive en 2026. Côté radios (RTL, Fun Radio, RTL2), le chiffre d’affaires progresse légèrement et le groupe maintient sa position de leader parmi les groupes privés. Le chiffre d’affaire de la division production cinématographique a lui nettement reculé (-31,2%) en raison d’un calendrier de sorties de films concentré sur la 2ème moitié de l’année.
Le groupe a proposé mardi lors de l’assemblée générale des actionnaires un dividende de 1,25 euro par action. Une hausse de la rémunération du président du directoire du groupe M6, David Larramendy, devait également être mise au vote, notamment de sa part fixe de 750.000 à 900.000 euros par an. Elle est justifiée par «une transition de management réussie» depuis sa prise de fonction en avril 2024 et «une comparaison avec les rémunérations» dans le secteur des médias, selon les documents financiers du groupe. Dans un communiqué, les syndicats SNJ, SNJ-CGT et CFDT-Journalistes ont dénoncé «l’austérité salariale» pour les équipes, et «une augmentation personnelle de plus de 20%». Le groupe a annoncé en février «un plan d’économies de 80 millions d’euros à horizon 2030», compte tenu des perspectives à la baisse du marché publicitaire et des progrès permis par l’IA.



































