#MeTooColombia: des journalistes dénoncent des violences sexuelles dans les médias

#MeTooColombia: des journalistes dénoncent des violences sexuelles dans les médias

Des dizaines de journalistes colombiennes dénoncent ces derniers jours les cas de violences sexuelles commis par des collègues ou supérieurs hiérarchiques, une vague de témoignages qui s’est propagée sur les réseaux sociaux sous le hashtag #MeTooColombia.

La chaîne privée Caracol, régulièrement la plus regardée du pays, a annoncé vendredi la mise en oeuvre de «procédures judiciaires» à l’encontre de deux de ses journalistes et présentateurs de son journal télévisé pour harcèlement sexuel présumé.

A la suite de cette annonce, des dizaines de femmes de cette chaîne et d’autres médias se sont jointes aux prises de parole, dénonçant un problème structurel dans le secteur.

Elles utilisent le hashtag #MeTooColombia et #YoTeCreoColega (Je te crois, collègue).

Une lettre, signée par plus de 40 femmes journalistes, pointe également du doigt le patron de la chaîne publique RTVC, Hollman Morris, pour avoir intimidé une journaliste qui l’avait accusé de violences sexuelles en 2019.

«Repousser de force un journaliste/présentateur à plusieurs reprises, en le bousculant pour l’empêcher de m’embrasser dans un ascenseur, ce n’est pas normal», a témoigné sur X Juanita Gómez, journaliste du magazine Semana qui a travaillé pour le journal télévisé de Caracol, à propos d’une agression dont elle a été victime en 2015.

Une adresse email a été créée pour recueillir les plaintes de manière confidentielle et sécurisée pour les victimes.

«Nous sommes du côté des victimes (…), les mesures qui s’imposaient ont été prises», a déclaré dimanche Juan Roberto Vargas, directeur du journal télévisé de Caracol, à Blu Radio.

La plupart des accusations soulèvent également la complicité ou la couverture des agresseurs par d’autres employés.

«Beaucoup savent qui ils sont. Au sein même de la chaîne, de bas en haut, tout le monde sait ce que ces personnes et d’autres ont fait subir à plusieurs femmes», a déclaré sur X Mónica Rodríguez, ancienne présentatrice d’une émission de variétés diffusée par Caracol.

La chaîne n’a pas rendu publics les noms des personnes mises en cause, bien que des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux.

Il existe en Colombie un mouvement féministe fort, qui s’est notamment battu et a obtenu la dépénalisation de l’avortement en 2022.

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