Mounir Mahjoubi lance un «plan d’inclusion» du gouvernement pour les exclus du numérique

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Le secrétaire d’Etat au Numérique Mounir Mahjoubi a lancé mardi la «stratégie nationale d’inclusion numérique» du gouvernement, qui doit aider les 13 millions de Français en difficulté face aux développement d’internet dans tous les domaines de la vie économique et sociale. «Il y a urgence!», s’est exclamé M. Mahjoubi, qui s’exprimait dans les locaux d’Emmaüs Connect, une association d’accompagnement des publics en précarité sociale et numérique, à Bordeaux.

Le quart des adultes en France n’utilise pas ou peu internet et se sent en difficulté avec ses usages. La moitié d’entre eux ne se connecte jamais – une partie ayant renoncé -, et l’autre moitié se sent mal à l’aise face à un écran. Les difficultés sont d’ordre territorial, social, fonction du niveau d’étude et des revenus, selon une étude d’Emmaüs Connect et Capgemini Consulting, reprise à son compte par le gouvernement. «C’est un enjeu social, mais c’est aussi, et beaucoup, un enjeu économique. Il n’y a pas de transformation de l’Etat s’il n’y a pas d’inclusion numérique. Il n’y a pas de transformation économique s’il n’y a pas d’inclusion numérique. (…) C’est une nécessité», a souligné Mounir Mahjoubi. Le secrétaire d’Etat au Numérique a formellement lancé des groupes de travail, composés d’élus, de représentants associatifs et d’organismes sociaux. Ils seront chargés d’ici mars 2018 d’»identifier et orienter les publics cibles» – les besoins étant différents selon les endroits -, de «structurer les réseaux des lieux de médiation et de formation», et enfin de trouver l’argent. Le 4ème groupe de travail, transverse, aura pour mandat de recenser les stratégies numériques déjà existantes et d’en faire un bilan, mettant en exergue les bonnes pratiques. Au 2ème trimestre, les acteurs locaux devront «construire ensemble la solution la plus pertinente» pour leurs territoires, avec une démarche similaire, au niveau départemental, de diagnostic, choix des acteurs les plus performants et identification des solutions de financement. L’idée est d’avoir «à la rentrée (2018) un plan directement prêt à être déployé» dans les départements, a conclu M. Mahjoubi.

L’étude de Capgemini Consulting évalue à environ 1 milliard d’euros l’investissement nécessaire, sur quatre ans. «L’inclusion numérique est un investissement rentable», a souligné à ce propos le fondateur et directeur d’Emmaüs Connect, Jean Deydier, ladite étude montrant que «les gains deviennent très significatifs à moyen terme».